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partout les suivre à la trace de leur sang. Pour marquer les différentes étapes de cette marche toujours progressive de l'Évangile. ils plantaient l’étendard du salut ; c'était le signe de leur conquête religieuse, et le premier jalon de la civilisation qui devait la suivre.
Les missions françaises s’étendirent depuis le golfe Saint- Laurent et les côtes de l’Acadie, jusqu’à l'embouchure même du Mississipi. Quelques années avant, des Jésuites espagnols, partis de la Californie, s'étaient avancés sur les côtes du Pacifique !, et avaient pénétré, comme éclaireurs, sur le territoire de l’Orégon.
Les soldats de l'Évangile prenaient pour ainsi dire entre deux feux ce vaste continent ; mais l’Orégon, après cette première tentative avortée sur son sol, encore inconnu au reste du monde, devait attendre près de deux siècles ?, avant de voir reparaître le divin étendard, et de devenir une de ses conquêtes.
Les missionnaires du Canada, voyant toujours devant eux des régions immenses, ne mettaient aucune borne à leur œuvre ; gagnant sans cesse du terrain, ils ambitionnaient d'arriver jusqu’à cette mer de l’ouest, dont l’existence, d’après les renseignements qu’ils avaient recueillis de la bouche des Sauvages, n'était plus pour eux un problème; mais le temps trahissait leur courage, et la mort venait souvent les surprendre au milieu de leurs plus brillants projets. On voit l’illustre Marquette succomber, jeune encore, sous le poids de ses travaux, mais après avoir exploré le premier une partie de la vallée du Mississipi et évangélisé des peuples jusque-là inconnus.
Bien des années plus tard, le P. Bineteau venait recueillir cet héritage de dangers et de sacrifices. Il poussait plus avant vers l’ouest, à la suite des chasseurs du buffalo, sa course aventureuse, quand la mort l’arrêta au milieu de son œuvre
! Cette course aventureuse de deux missionnaires jésuites, conduits par un nommé Parmentier, leur guide et leur interprète, dura deux
ans, et précéda de pans années le grand voyage d'exploration que l'amiral espagnol, de Fonte, fit en 1640, sur cette côte. (Mémoire de
Buache à l Académie des Sciences, 1753.)
? Cette portion de la chrétienté compte aujourd’hui un archevêque deux évêques et plus de 27 missionnaires.
laissée incomplète. Ses yeux en mourant se tournèrent, avec un sentiment de regret, vers ce qui lui restait encore à parcourir de ces vastes prairies, au-delà desquelles il apercevait de nouvelles régions à découvrir, de nouvelles nations à évangéliser. Plus de cent ans après, en 1840, le P. De Smet reprenait les mêmes traces avec une infatigable persévérance ; mais plus heureux que ses devanciers, il franchit les montagnes Rocheuses, et arrive enfin sur les bords du Pacifique, dernière limite de ce nouveau monde.
Ces missionnaires, distingués par leur science autant que par leur zèle, ont laissé de nombreux écrits. Pour le Canada seul, il existe plus de 40 volumes de Æe/ations À, sans parler des autres ouvrages sur le même sujet, et des nombreux manuscrits qui sont heureusement arrivés jusqu’à nous. Dans ces mines fécondes se trouvent réunies des richesses, qui intéressent à un haut degré l’histoire, les sciences et la religion. C'est ce qui explique l’empressement qu'on met aujourd’hui à se les procurer à tout prix. On ne peut ni raconter avec fidélité les événements de cette époque reculée, ni se former une idée jnste de l’état où étaient alors réduites ces contrées, sans recourir à ces monuments précieux. Tous les historiens ont puisé à cette source. ;
Entre toutes les missions de cette époque, qui méritent de fixer l'attention de l’observateur curieux et du lecteur chrétien, nous devons mettre au premier rang, sans aueun doute, celle
? La collection de ces Relations renferme 41 volumes in-8, redigés ordinairement par le Supérieur de la Mission, On en publiait un chaque année, et le dernier est de 1672. C’est le document le plus précieux, et souvent l’unique source de l’histoire du Canada pendant <ette période de temps. Quelques-uns de ces volumes étaient devenus introuvables, même dans les plus grandes bibliothèques d'Europe. Par un sentiment patriotique digne de tout éloge, le Gouvernement Canadien a favorisé leur réimpression complète on 1848, en 3 volumes compactes in-8.
Des écrivains américains et ROME (Bancroft, Jared Sparks et Parkman) avec une loyale franchise ont rendu hommage au mérite de ce monument. : ;
‘ Il n’est pas possible,” dit Parkman, ‘“ d’exagérer la valeur et l’au- ‘ torité de ces récits. Je puis même dire qu'après l’examen le plus “ attentif, je n'ai aucun doute que ces missionnaires n’écrivissent ‘ dans une parfaite bonne foi, et que ces Relations ne méritent une “ place honorable, comme documents historiques et dignes de con- “ fiance.” (The Jesuits in North America.)