‹ Les jeunes années de C.-A. Sainte-BeuveChapitre 1 sur 16 · VI NOTICE PRÉLIMINAIRE · texte numérisé non relu

VI NOTICE PRÉLIMINAIRE

voir; et il faut supposer qu'il le dira d.ms sa conscience, dans son entendement et son honnêteté.

Ses œuvres, au surplus, son talent ne sont pas ce qui importe davantage à sa biographie ; ce qui est mis en question, ce qui a commencé à se débattre sur son nom, ce n'est pas sa valeur littéraire, qui est incontestable; c'est le caractère, c'est riionmie. Dès lors, là où le grand intérêt est de le pouvoir saisir, c'est au point de départ.

De tous ceux qui l'ont connu enfant et suivi dans sa croissance jusqu'à sa maturité, il en reste peu au monde; moins encore en subsiste-t -il qui puissent, lui mort, parler de son jeune âge. Il se trouve néanmoins de bons témoins qui ont conservé des souvenirs fidèles ; et, grâce à eux, on peut le représenter dans ses jeunes années.

C'est le litre et l'objet de ce livre : Les Jeunes Années de Sainte-Beuve. Je déclare, à l'avance, que je ne me renferme pas absolument dans ces limites, et qu'elles seront quelquefois élargies ; mais j'y reviendrai toujours ; et les excursions mêmes y ramèneront. Il est impossil)le que, vis-à-vis d'un espiit qui offre tant d'attraits et de séductions, on résiste toujours à se laisser entraîner.

Sainte-Beuve avait eu presqu'un don du ciel dans le choix de son premier ami, un enfant pur et studieux destiné à devenir un prêtre savant et des plus dignes. M. l'abbé Eustache Barbe et lui se lièrent, en faisant leurs études dans une institution modeste, l'institution Blériot, qui s'en est justement montrée fière. Le jeune Barbe n'y acheva pas, néanmoins, ses classes : il les ter-

Page 1