XII PREFACE
sioiirs nKiuuMOs tic viser et qu'un tireur à l'arc (levieiuirait vite un homme adroit à se servir du fusil Lebel. De plus le tir à l'arc est moins bruyant et moins coûteux que le meilleur marché des tirs à balles.
L'arc et le javelot sont de jolis exercices auxquels il faudrait pousser la jeunesse des lycées çt des écoles, — les professeurs euxmêmes y trouveront un intérêt direct; le maniement de ces armes antiques ne sera-t-il pas un commentaire vivant des textes expliqués en classe : qui sait, peut-être un élève va-t-il retrouver un de ces jours la nnanièrc de se servir de Vamentum, ce fameux tour de main sur lequel les savants ne sont pas d'accord?
Ce seront là de nouvelles occasions qui rapprocheront les maîtres et les élèves ; si ces derniers prennent goût aux jeux antiques, les professeurs ne pourront (jue les encourager en voyant qu'ils sont dans la véritable tradition classique. Peut-être tel maître qui aurait vu sans un grand enthousiasme ses élèves jouer au tennis, ou même à y\\\ jeu français.
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se mettra-t-il de la partie... si c'est une partie de disque.
Dans tous les cas, la connaissance des jeux et de la manière de jouer des anciens sera utile aux jeunes français; elle leur apprendra d'abord à aimer, nous dirions presque à respecter leurs j^ux ; il y a une tendance fâcheuse et malheureusement très répandue à regarder les jeux comme quelque chose de secondaire et d'inférieur; il faut montrer aux enfants et aux jeunes gens que chez les peuples dont ils étudient l'histoire et qui sont universellement admirés de nos jours, les jeux faisaient pour ainsi dire partie de la religion et étaient considérés comme une chose des plus importantes. Le relèvement des jeux dans l'opinion publique aurait bien des conséquences précieuses, et tout d'abord celle de faire jouer les jeunes gens plus longtemps. C'est une opinion qui règne un peu partout en France, qui y régnait surtout il y a quelque, temps, que les jeux sont bons pour les enfants, mais indignes d'un jeune homme, — ce n'est pas ici le lieu de parler des plaisirs
XIV PRKFACE
auxquels ce même jeune homme qui était trop grand pour jouer croyait tlevoii- se livrer pour prouver sa nouvelle dignité.
Nous souhaitons que ce petit livre, dont le litre nous avait tenté, fasse jouer. C'est là toute notre ambition, car si nous pouvons pousser nos jeunes amis à jouer, nous aurons contribué pour notre petite part à préparer pour l'avenir, non un peuple de clowns, de jockeys, ou de gymnasiarques, mais une génération d'hommes lestes, robustes, unis et gais \
Auguste BRÉAL.
(1) Le lecteur curieux de connaître toutes les branches de l'éducation athénienne devra lire l'ouvrage si intéressant de M. Paul Girard : « L'éducation athénienne au v« siècle. Paris, 1890. »