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FLUTES D'AVRIL & DE SEPTEMBRE

^1 JOSL-M.IHH DE IILREDIA.

J ai conduit le clievnl li trai-ers les ifinrais,

Dit-il; l'aiitoinnc avec 1rs feuilles des forêts

Avait jonclié la route et comblé les fontaines ;

Les durs sabots crar/uaient sur la coque des faines,

Et je tenais la bride en marchant près de lui,

Et je ne voyais plus les arbres dans la nuit,

Et la route était longue ci travers le bois noir.

Je tremblais d'être entrr par les portes du soir

Et j'errais, anxieux du gîte et de l'issue.

Mais, peu à peu, j'ai vu blanchir mes deux mains nues

Et le cheval ailé, peu à peu, devint clair

Comme sise faisait l'aurore dans sa chair;

La source jaillissait sous son sabot divin;

Son envergure éblouissait tout le matin.

Prodigieuse avec la forme d'une lyre.

Une clarté sortait de lui comme un sourire

Et, toute la forêt sachant que c'était lui.

Les antres refermaient leurs gueules sur la Nuit.

14 LES JICLX RUSTIQVES J:T DIVI>S

DKJAMIIE

J'ai bu le vin sanglant aux outres de rautoiune Et j'ai cru le ciel clair encore et l'heure bonne, Toute de solitude et toute de forêt, Et ma joie en dansant s'esquive et disparaît, Entraînant par la main mon Avril, et mon Ombre Les a suivis vers les arbres du passé sombre D'où je les entends rire ainsi que j'avais ri, Jadis, quand près de toi mon amour a fleuri Aux roses que cueillait le geste de ta grâce Souriante et maligne à feindre d'être lasse Pour que le bois durât à nos pas jusqu'au soir. Printemps perdus ! l'automne a mêlé ses boucs noirs Aux plus blanches brebis de nos douces pensées ; Les Satyres ont ri de nos mains enlacées. Et les feuilles tombaient quand mûrirent les fruits, Et le vent emporta nos paroles, et puis

ARÉTHUSK 15

Nous allâmes, sans plus nous parler, côte à côte,

Devenus tout à coup étrangers l'un à l'autre,

Et quand le bois finit enfin, ce fut la Mer!

Et j'écoutais, du fond de l'horizon désert,

Debout et les pieds nus lavés d'écumes vaines.

Le chant intérieur des antiques Sirènes; -^

Tandis que toi, silencieuse, ô Déjanire,

Regardais, par-dessus l'épaule, sans rien dire.

Galopant sur la grève et s'ébrouant aux flots

Qui mouillaient leurs poitrailsetfouaillaient leurs galops,

Sur le sable marin et les galets sonores,

Ruer la Centauresse et hennir les Centaures.

16 I.KS JEVX RVSTIQUKS KT DIVINS

L'ALLUSION A NARCLSSE

Un enfant vint mourir, les lèvres sur tes eaux, Fontaine ! de s'y voir au visage trop beau Du transparent portrait auquel il fut crédule... Les flûtes des bergers chantaient au crépuscule; Une fille cueillait des roses et pleura; Un homme qui marchait au loin se sentit las. L'ombre vint. Les oiseaux volaient sur la prairie; Dans les vergers, les fruits d'une branche mûrie Tombèi'ent, un à un, dans l'herbe déjà noire, Et, dans la source claire où j'avais voulu boire. Je m'entrevis comme quelqu'un qui s'apparaît. Etait-ce qu'à celte heure, en toi-même, mourait D'avoir voulu poser ses lèvres sur les siennes L'adolescent aimé des miroirs, o Fontaine?

ARETHVSE

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