APOSTROPHE FUNÉRAIRE
Pieuse à ce tombeau, ma Sœur, où tu t'accoudes, Quels automnes ont fait ta chevelure lourde D'ors graves, et quels soirs reflétés des fontaines Laissèrent dans tes jeux leurs étoiles lointaines? Tes gestes ont encor d'avoir porté des fleurs Une grâce à jamais qu'accoudent tes douleurs Au cippe funéraire oîi s'arrêta ta route ; Et c'est ta vie, ô passante, que tu écoutes, Avec ses flûtes d'or et ses flûtes d'ébène, Rire par les vergers et pleurer aux fontaines, Et qui au marbre, hélas! se veine rose et noire. A toute joie en pleurs au fond de ta mémoire Est-il une tristesse aussi qui ne sourie? Le fruit qui ressemblait à ta bouche mûrie Fut-il amer ou doux d'avoir été goûté ? Ce qui fut valait-il enfin d'avoir été?
O toi qui sais le soir et qui l>us aux fontaines Parle-moi, Ornbro grave, et dis-moi, Psychéenne, Sous quel destin, silencieuse, tu te courbes, Plus pâle à ce tombeau, pieuse, où tu t'accoudes.
ARÉTIIUSE 19