L'UNE
Le Destin a tissé nos jours et nos années, Mes sœurs, et nous voici assises avec elles, Côte à côte, et chaque an ourdit nos destinées.
L'AUTRE Le vent parmi les arbres hauts semble leurs ailes, Car le temps s'est enfui devant nous, et les heures Ont volé, tour à tour, hiboux et tourterelles !
0 ma Vie, il me semble encore que tu pleures; Chaque goutte de pluie est une de mes larmes, 0 ma Vie, il me semble encore que tu meures !
Car j'entends ton sanglot dans le vent où s'alarme Le passé qui dormait là-bas avec mon Ombre, D'avoir bu à l'oubli le philtre qui les charme
Et les enlace au fond de ma mémoire sombre, Groupe funeste, hélas ! qui s'éveille et s'étire Et qui heurte son front aux fentes du décembre ;
ARETIIUSF.
Et les voici tous deux qui viennent et qu'attire Avec elle ma \'ie et qui viennent ensemble S'accouder près de moi, l'un et l'autre, et sourire
Au métier où je tisse en fleurs qui leur ressemblent Quelque destin, hélas ! d'erreur et de mensonge Dont les fils font trembler ma main (jui les assemble.