ALLEGORIE
J'ai vu dans mon miroir où s'est connu mon songe,
Face à face et parmi des guirlandes de bronze,
Le sourire qu'avait ma joie ou ma tristesse;
C'est là que j'ai trouvé cette autre que je cherche
Dans ma voix, dans mon pas sur les feuilles sécliées,
Dans ce que ma mémoire a dit à mes pensées,
Dans ce que le silence apprenait à mon ombre;
Et la voici parmi les guirlandes de bronze
Qui me regarde enfin avec mes propres yeux.
0 mystère d'être la seule toutes deux,
Moi l'anxieuse, aussi, de cette autre anxieuse!
O double solitude où chacune était seule
Et d'où chacune enfin pour se voir est venue
Et pour être plus près encor s'est mise nue;
Et je sais maintenant, sœur pareille aux fontaines,
Le sourire à jamais de ma face certaine
Autour de qui se crispe un feuillage de bronze
Où la gloii'e à mon front par un laurier s'annonce,
9't LES JEUX RUSTIQUES ET DIVINS
Et debout devant moi je fais avec mes mains L'oflrande de mes jours à mes graves destins!
ARÉTHfSE 95