FONTAINES DIVINES
Conserve, en souvenir des divines fontaines,
Ce vase de cristal pareil à leurs eaux vaines
Où ta bouche jadis a bu gourmande ou chaste :
Aréthuse mêlant son onde à la mer vaste,
Léthé qui fait dormir et qui donne l'oubli,
Celle qui souriait à Narcisse pâli,
Hippocrène jaillie au fabuleux sabot.
Et les autres, parmi les blés ou les roseaux,
Qui, mélodieuses et pures et glacées.
Chantent à travers l'ombre au fond de tes pensées !
La source se tarit et le roseau s'incline;
Conserve, en souvenir des fontaines divines,
Ce vase de cristal d'où toute l'onde a fui,
Et tu verras encor s'épanouir en lui.
Fleur à fleur, le bouquet, mystérieusement,
Que viendront, chaque jour, une à une, à pas lents,
En silence, y placer les invisibles Heures, Filles du temps qui passe et de l'oubli qui pleure. Et dont chacune, tour à tour, en tes pensées, Frôlant le pavé nu de ses ailes lassées Pt portant à la main une fleur bleue ou noire, yiendra parfumer j'ojnbrfi et fleurir ta mémoire.