‹ Les jeux rustiques et divinsChapitre 46 sur 117 · LE TEMPS · texte numérisé non relu

LE TEMPS

Le Temps aux ongles durs décharné la beauté,

La bouche en se taisant, lasse d avoir chanté,

Garde au coin de son pli la ride de son rire ;

Le sang caille sa pourpre aux veines du porphyre.

Et le jour devient cendre et le ciel devient marbi'e;.

La Dryade se tord au tronc noueux de l'arbre;

La voix claire survit sournoise dans l'écho;

L'amphore se fait urne et la maison tombeau.

Et l'âme en pleurs s'enfuit sans cesse dans le vent.

Et de ta chair et de ton rire et de ton sang

Et du songe léger que fut ta vie éclose

S'envole une colombe et s'effeuille une rose

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