ODELETTE I
Un petit roseau m'a suffi
Pour faire frémir l'herbe haute
Et tout le pré
Et les doux saules
Et le ruisseau qui chante aussi;
Un petit roseau m'a suffi
A faire chanter la forêt.
Ceux qui passent l'ont entendu Au fond du soir, en leurs pensées, Dans le silence et dans le vent, Clairon perdu, proche ou lointain...
Ceux qui passent en leurs pensées En écoutant, au fond d'eux-mêmes, L'entendront encore et l'entendent Toujours qui chante.
218 LES JEUX RUSTIQUES ET UIVI.v;^
II m'a suffi
De ce petit roseau cueilli,
A la fontaine où vint l'Amour
Mirer, un jour,
Sa face grave
Et qui pleurait.
Pour faire pleurer ceux qui passent
Et trembler l'herbe et frémir Teau;
Et j'ai, du souffle d'un roseau,
Fait chanter toute la Ibrêt.