‹ Les jeux rustiques et divinsChapitre 87 sur 117 · ODELETTE I · texte numérisé non relu

ODELETTE I

Un petit roseau m'a suffi

Pour faire frémir l'herbe haute

Et tout le pré

Et les doux saules

Et le ruisseau qui chante aussi;

Un petit roseau m'a suffi

A faire chanter la forêt.

Ceux qui passent l'ont entendu Au fond du soir, en leurs pensées, Dans le silence et dans le vent, Clairon perdu, proche ou lointain...

Ceux qui passent en leurs pensées En écoutant, au fond d'eux-mêmes, L'entendront encore et l'entendent Toujours qui chante.

218 LES JEUX RUSTIQUES ET UIVI.v;^

II m'a suffi

De ce petit roseau cueilli,

A la fontaine où vint l'Amour

Mirer, un jour,

Sa face grave

Et qui pleurait.

Pour faire pleurer ceux qui passent

Et trembler l'herbe et frémir Teau;

Et j'ai, du souffle d'un roseau,

Fait chanter toute la Ibrêt.

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