‹ Les jeux rustiques et divinsChapitre 88 sur 117 · ODELETTE II · texte numérisé non relu

ODELETTE II

Je n'ai rien

Que trois feuilles d'or et qu'un bâton

De hêtre, je n'ai rien

Qu'un peu de terre à mes talons,

Que l'odeur du soir en mes cheveux,

Que le reflet de la mer en mes yeux,

Car j'ai marché par les chemins

De la forêt et de la grève

Et j'ai coupé la branche au hêtre

Et cueilli en passant à l'automne qui dort

Le bouquet des trois feuilles d'or.

Accepte-les ; elles sont jaunes et douces

Et veinées

De fils de pourpre;

Elles sentent la gloire et la mort.

Elles tremblèrent au noir vent des destinées;

Tiens-les un peu dans tes mains douce* :

Elles sont légères, et pense

A celui qui frappa à ta porte.

Un soir,

El qui s'est assis en silence

Et qui reprit en s'en allant

Son bâton noir

Et te laissa ces feuilles d'or,

Couleur de soleil et de mort...

Ouvre tes mains, ferme ta porte

Et laisse-les aller au vent

Qui les emporte!

HEUUliS

Chaque Heure mène derrière elle L'image naïve, à pas lents, Loup qui gronde ou agneau qui bêle, De ses souvenirs noirs ou blancs;

Bêtes rudes qui l'ont mordue, Doux compagnons de son chemin Qui caressèrent la peau nue De son visage ou de sa main.

Chaque Heure porte vers l'Année Qui le respire et le lui rend L'emblème de sa destinée, Fleur amère ou fruit odorant.

Celle-ci offre une colombe Et l'autre porte un hibou noir Et chacune tient, brune ou blonde, Une corbeille ou un miroir.

].a corbeille est d'or ou de branches, Le miroir est clair ou pâli Et le visage qui s'y penche S'y voit la face de l'oubli.

LA CORBEILLE DES HEURES '2'2'i

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