‹ Les jeux rustiques et divinsChapitre 93 sur 117 · PASSE · texte numérisé non relu

PASSE

Les bons vergers aux pommes mûres, Les lieaux jardins aux fleurs de sang, Rauque ou joyeuse en ses murmurer, La mer qui monte ou qui descend,

Et les jambes de l'estacade

En marche, noires, sur le flot

Qui gronde au roc ou dort aux rades.

Lèche le sable ou mord lîlot,

La voile blanche dans l'aurore, La voile jaune dans le soir, La proue où le soleil redore Une sirène à son miroir,

La barque qui sort ou qui rentre.

Le vaisseau qui vire ou qui vient, Le câble, le filet et l'ancre, Brise de terre, vent marin !

•l'.i'l LES JEUX RUSTIQUES ET DIVINS

J'ai vu les riants vergers rouges Et verts et j'ai cueilli les fleurs Que le vent âpre fait plus douces De parfum, d'âme et de couleurs ;

J'ai marché sur la mer immense Avec les longs jambages noirs De l'estacade qui s'avance Au-devant de l'aube et du soir ;

Mon esprit fut la voile agile Qui penche, s'envole et gémit, Et mon cœur a dormi dans l'île Où la sirène avait dormi.

A la grève où le passé chante l']t que fuit, pour y revenir, La mer, je suis lié par l'ancre Invisible du souvenir.

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