‹ Les jeux rustiques et divinsChapitre 99 sur 117 · ODE III · texte numérisé non relu

ODE III

Je t'ai connue,

Chère Ombre nue,

Avec tes cheveux lourds de soleil et d'or pâle,

Avec ta bouche de sourire et de chair douce.

Du plus loin de mes jours, là-bas, tu es venue

Au bout des vieux chemins de blés et de mousses,

Le long des prés, au bord. du bois,

Alors que je suivais la sente et le ruisseau,

Joyeux du ruisseau clair et de la sente fraîche,

Et qu'à mes mains,

Entre mes doigts,

La fleur cueillie à l'herbe épaisse

Etait toute moite de rosée

Et tremblante de l'or d'une abeille posée.

Au temps d'avril où les roseaux

Chantaient d'eux-mêmes,

Auprès des eaux et des fontaines,

Page 1