AU POETE KAMI
(La belle Saïnara d'Ernest cTHervilly.)
O poète Kami, modèle des amants, Qui d'un pinceau léger sous des couleurs d'Asie, Sachant que rien n'est vrai qu'un peu de poésie, Traças pour ton amour dix mille vers charmants ;
Taïphoun, hérissé de sabres alarmants, Les Lemerres lointains, la feinte frénésie De Musmé, rien n'émeut ta nature choisie: Le madrigal sourit à tes derniers moments.
Je voudrais de ma main, hélas, occidentale !
A ta place effeuiller, pétale par pétale,
Cet amour rose, né d'un complot ténébreux.
Cueille ta douce fleur de pêcher, puis édite
Tes vers, pour qu'on les lise et que je les médite,
O toi qui restas chaste et pourtant fus heureux.