‹ Les joies de l'heureChapitre 28 sur 32 · LA PENSEE · texte numérisé non relu

LA PENSEE

Ce n'est pas seulement le propre de la prose : Même en vers, il convient de dire quelque chose. On a tout dit, on n'a rien dit. On peut toujours Poursuivre la pensée en ses mille détours Et l'atteindre. Le ciel qui vit et nous regarde, La femme avec l'amour, vers lesquels on s'attarde, Le sage, le rêveur, l'amant, ceux qu'ici-bas On appelle les fous et qui ne le sont pas ; La vie autour de nous et celle de l'histoire, Le fait qui n'est que peu comme le fait notoire, Pourvu que le mot chante ainsi que dans un choeur, Et l'obscur infini que je sens en mon cceur.

Ton livre est fait, c'est bien ! C'est déjà le passé. Tu fus heureux d'avoir écrit, d'avoir pensé, D'avoir trouvé, luisant de la mer qui déferle, Un caillou que tu pris parfois pour une perle. Marche, va devant toi, ne te retourne pas Vers la route où se voit l'empreinte de tes pas. A ne point t'arrêter ta marche est affermie. Va, guidé par la voix de la pensée amie, Va, les regards levés et candides encor, Vers l'horizon du soir, vêtu de pourpre et d'or.

Comme l'écho, le soir, te parle dans les bois, Voici qu'une âme écoute et répond à ta voix. Des amis inconnus sur la page froissée Se penchent attentifs pour cueillir ta pensée : Ils ont fait un bouquet de tes petites fleurs, Et ce sont là vraiment tes juges les meilleurs.

DEUX PEINTRES

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