I. Mort depuis
Note de la Ré;mpression.
ADKLINA l'ATM
La Icvrcite appartient à M. Siuart qui n'a voulu s'en dcfaircà aucun prix. Il a seulement consenti à la laisser à la signorina pendant son sJjour à Paris. La famille prévoit que l'instant de la sJparation sera terrible!...
On a dressé une petite table à la t jic du lit ; les jeux cessent; c'est M.Strakosch qui s'avance, — ...kosch qui s'avance, — ... kosch qui s'avance, — et le bcau-frèrc et la belle-sœur déjeunent d'huitres, desauterne, de viandes saignantes et de volaille.
Le professeur raconte les nouvelLs...
Mais jamais il ne cite le texte ou le titre d'un journal...
Quoiqu'elle reçoive la plupart des feuilles politiques et littéraires de l'Europ;, la Patti n'en lit aucune. Sous peine d'un renvoi immc'diat, il est défendu aux domestiques d'oublier à la portée de ses veux ou de sa main unegazette^ une lettre, un billet! Tous les soirs, M. Strakosch s'enferme dans sa chambre, parcourt les journaux, dépouille la correspondance et briilc le tout indistinctement. J'ajouterai que bonne note est prise de toutes les demandes d'argent, — elles sont nombreuses, — et qu'il y est est fait droit généralement. Louis, làdessus, a sa consigne ;
— Donner sans prévenir mademoiselle.
Le chiffre de ces générosités ne s'élève pas à moins d'un millier de francs par mois.
Le déjeuner et le thé achevés, Adelina s'assied devant une toilette dont hs accessoires^ en vermeil ciselé, sont
b LKS JOLIES ACTRICES DE PARIS
un cadeau — désintéressé — de l'un de nos plus fastueux sportmen,
A deux heures^ on sort en voiture s'il fait beau. S'il pleut :
Çà, vite un lansquenet! Allons, toutes mes femmes !
Et l'on jouottc — innocemment — avec Louise jusqu'au dîner, qui a lieu à six heures les jours ordinaires et à cinq heures les jours de spectacle. Ces jours-là, Adelina se gargarise d'un grand verre de Château-Larose étendu dans une carafe d'eau. Le soir, un volumineux potage au macaroni la reconforte à son retour; Caroline l'accommode de nuit; elle se couche, on la borde, et celle qui vient d'être ou Lucia ou Rosine s'endort aussi paisiblement qu'un nourrisson dans un berceau , sans que l'anathème d'Edgard, sans que la sérénade de Lindor traversent, en le tourmentant, son sommeil chaste, robuste et serein!...
Le vendredi, on reçoit : diner bourgeois, musique légère, causerie en souffle. Les principaux habitues de ces petites fêtes de famille sont MM. de Girardin, de Pêne, de Saint-Amand, de Charnace, Paul Daru, le duc de Massa, — auteur d'un opéra qu'il espère faire chanter à la prima dona et qui a déjà été quelque peu répété aux Italiens, — Gasperini, Brandus, Giacomelli de la Presse théâtrale et le mélancolique Franchi, dont tous les artistes lyriques connaissent les façons de sanglier et la phvsionomie funèbre...
ADLLINV l'ATII
On y a vu aussi 11. de N'illcincssant, li. Jouvin, Daniel Lcvy de la Lune, Zucchini, Nicolini', cic, etc.
Mademoiselle Nilsson était une des cariatides de ces réunions, — avant son engagement à TOpéra.
La doniinanlc du caractère de notre hcro'incttc est la gaieté, — une gaieté claire, expansive, irraisonnée, qui s'accroche à un rien^ à une poupée, à un chien, à un chat, à un chillon, à une bonne farce . — Oh! les bonnes farces de Violeita de la Traviata et d'Elvira d'/ Puritani ! — Elle s'esquive par Tescalier de service et s'en vient, par le grand escalier, carillonner à la porte principale...
Un domestique accourt ouvrir...
La bambina qui a tiré sur sa tîgure la voilette de son chapeau, fait une grave révérence :
— Monsieur, la Patti est-elle visible?
Elle a renouvelé une centaine de fois, depuis le commencement de la saison, cette naïve espièglerie.
Parfois, pourtant, il semble que la hlLnte entende monter de son cœur à son cerveau la voix de la rêverie, comme la fusée d'or de la romanesca d'il Barbiere s'élève dans le silence de la nuit espagnole...
De fait, les Almaviva ne manquent point. Seulement, au lieu de gratter la mandoline du bout de l'ongle, ils frottent le papier de h pointe de la plume, llyen a qui