ODEON
Mademoiselle HoricnseDamainetscs inséparables — sur l'aftiche du second Théâtre- P'rançais — mesdemoiselles Sarah Bernhardt, Bode et Fassy — ont été baptisées par le parterre gouailleur les Qiiciti'e Filles Aymon de la rive gauche.
Est-ce parce qu'il leur sera beaucoup pardonné?
D'un autre côté ses cam irades ont surnomme mademoiselle Damain le Vesinet...
Pourquoi ?
Parce que le Vésinet est accole à Saint-Gcrniaiii.
En effet, mademoiselle Damain, — qu'il ne faut pas confondre avec la belle Dahmcn des Variétés et du Palais-Royal, — joue la comédie à TOdeon et va-t-en ville, .avec Saint-Germain — du Vaudeville — y êtes vous? — et Camille-Fantan-Benoiton.
IDO LES JOLlliS ACTRICES DE PARIS
Ces artistes remplacent avantageusement, dans les reunions de famille, les crêpes, le violon et la lanterne magique de nos pères.
On les emploie aussi, d'une façon non moins satisfaisante, dans les soirées de la littérature économique où ils tiennent lieu de lansquenet, de cotillon et de Champagne frappé.
C'est ainsi que les yeux de velours , les seins de neige et les lèvres de fraise de mademoiselle Damain exercent leurs ravages à travers les salons de MM. Edouard Fournier et Hippolyte Lucas.
Un des habitues de ces séances de vaudeville de chambre me disait dernièrement :
— J'adore Hortense. Elle est brune, elle est spirituelle, elle est irrésistible! Comment n'en pas devenir fou ? Elle a de la beauté, elle a de la grâce, elle a de la vertu, elle a...
— Mon cher, interrompis-Je en souriant, arrêtezvous à la vertu : c'est la dernière chose dont on doit parler.