‹ Les jolies actrices de ParisChapitre 39 sur 42 · HONORINE · texte numérisé non relu

HONORINE

Les Italiens^ — qui sont d'éminents fantaisistes^ nous contestent volontiers Magenta et SoUerino; ils nous accordent, en revanche, avec une bonne grâce forcée, M. Scribe et mademoiselle Honorine.

Que dis-je ! Ils ont bâti un théâtre décent qui porte le nom de l'auteur et quia servi de piédestal à l'actrice. A parlerfranc, on ne Joue guère dans ce Théâtre Scribe que le répertoire de Victorien Sardou ! Basta! cela seul suffit pour acquitter le Piémont envers nous. Je crois, Dieu me pardonne, qu'au besoin, nous lui redevrions quelque chose, — Rome ou Marseille, par exemple !...

Des oreilles exercées prétendent avoir entendu — au delà des Alpes — le nom de la bella creatura subs-

l68 LES JOLIES ACTRICES DE PARIS

titue à celui de la France dans Thymne patriotique popularisé sur nos boulevards par ces jeunes et intéressants musiciens qui ont un violon de Crémone à la place du ventre...

Viva ritalia !

Viva Honorina! Viva la Libéria!

Viva... et cœtera !

A Paris, la police a mis bon ordre à cette interpolation.

Il est certain qu^en 1864, lorsque mademoiselle Honorine fut engagée par MM. Plunkett et Dormeuil, des interpellations durent être adressées, dans le parlement italien, par les députes de la gauche au ministère alors régnant, à propos de cette nouvelle concession, et que le cabinet de Florence songea un instant à transporter aux Tuileries le siège de son gouvernement, afin d'avoir le Palais-Royal sous la main.

Aussi, après les dernières explications, nos hommes d'Etat se dirent-ils :

— Il faut une compensation aux espérances démolies par le chassepot. Renvoyons à Turin mademoiselle Honorine.

Voilà pourquoi celle-ci vient d^interrompre les représentations qu'elle donnait à la Porte-Saint-Martin.

Maintenant, là-bas, comment recevra-t-on le cadeau >

Souvenons-nous de Venise offerte — et refusée!...

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