UN MONSIEUR
(Un Monsieur, tout habillé de fourrures blanches d**» pieds A la tête, entra à pas lents, tenant d'une main un crayon et de l'autre un énorme manuscrit tout plein de ratures j on devine A son air rêveur qu'il fait, ou tout au moins qu'il essaye de faire des vers; il cherche uue rime A ce mot qu’il marmotte entre ses dents :)
Souiller... souiller... souiller.
■ Horreur ! sa main de sang sent son sein se souiller. «
Souiller... souiller... souiller... (H fait mu pat m avant.)
O Muse de la tragédie, viens à mon aide!... O Melpomène, inspire-moi!... (cium**« a* «■>••) Sapristi! qu'il fait froid!... — Voyons... mettons la dernière main à ma grande tragédie...
( U d»ro»U 10a 4*orm* naaiwrni, igr U niwrlgre mi IrarM cri moto
ItslMaa -Uni mui b ulU):
« La Forêt rlrrff ou lo Ftllr coupable »
TBAOtOIE.
Il faut espérer que je trouverai aujourd'hui cette rime vaine-
ment cherchée depuis huit jours... Souiller... Souiller... Souiller... — « Horreur! sa main de sang sent sou sein se souiller! * (L’orchestre Joue pendant tout ce temps une ritournelle, après laquelle le Monsieur ouvre la bouche et mettes mai»» sur son erouf; on croit qu'il va chanter un grand air ; pas du tout, il sort lentement par la gauche, marmottant toujours : ■ Horreur! son sein su souiller... se souiller. • On entend un coup de feu, puis une voix qui s'écrie : « Raté ! » — Une petite chienne en laisse traverse seule le théAtre. — Ensuite, entre par la droite de la Jobardit-re, suivi de John. De la Jobard k-re, élégamment vêtu en costume de chasse, arrive la tète haute, la démarche triomphante et un lorguon A IVril ; tandis que John, au contraire, transi par le froid, accablé de fatigue, semble le suivre A regret, tenant A la laisse une espèce de petit barbet qui n'a guère que la peau sur les os.)