‹ Les joueurs de motsChapitre 71 sur 93 · SAURIN · texte numérisé non relu

SAURIN

Jean-Baptiste Rousseau fut assâz sot pour rougir de sa naissance. Croyant faire oublier

qu'il avait un père cordonnier, il avait pris le pom de Verniettes. Mais il avait compté sans Saurin. '

Ce feîseur d*anagrammes se mit en campagne, et trouva, dans le nom d'emprunt, tous les éléments de l*arrét destiné à en faire justice. De Verniettes, il eut le talent d'extraire trois mots vengeurs i -^ Tute renies.

Les lettres U et V avaient alors même valeur.

Deux abbés, Fleury et Choisy, publient chacun une Histoire Eclésiaslique. On place celle du premier bien au-dessus de la seconde en disant :

« Fleury s'est montré choisi dans son histoire, mais Choisy n'est que fleuri dans la sienne, » . ^ . .

30ILEAV

Son Dom met çn ^veil la belle humeur du aommiuicLeur Forbin de Janeon, yi^*-^?

v4s duquel il se trouve à dlnen

«P^Ut^on a'appeler BoHe^u!6'é^rie-t-|lMf V9x\MfVQoï de Boivin.^ A ^ bonAe.hem;^!

voilà le. aom que je prendrais, à votrp place,

*- Pensez plutôt à réformer Jai^oOi monsieur le commandeur. A votre place, je troquerais ce nom-là contre celui de Jeanfarincv La farine n'est-elle pas, encore plus prâfiérable «q son que le vio .ne l-ecit à Teau «^ »... -: ,

8ANTBUIL . ;

Au bas de la statue de Louis XIV, sur la place des Victoires,, se lisaient d'assez

mauvais vers dus à-rafCBdémieien Régnier Desmdraîs (ori prononçait JÇt^fer).

Sànteuîi les critiquairailisi : — « Ce sont des vers à renier. » '

BURCTiÈRE ET I^ FQIfTA|NE

' Furetière «yait reproché à La Fontaine de ne pas savoir distinguer \t bols en grmne et le boi^, marmentequ.

Le bruit ayant couru que Fure^ère avait essuyé une volée de coups de bâton, — on bâtonnait ferme alors, -^ La Fontaine lui envoya cdtte épîgramnfe ^

Toi, qui de tout as connaUsance eutière,

Ecoute, ami Furetière «

Lojs^e certaines gens.

Pour se venger de tes dits outrageants.

Frappaient sur to!, comme sur une enclume, Avec un boid porté eous le manteau ; Dis-moi si c'était bois en grume.

On 'si c'était boiB maimenteau?

Le bois en grume est du bois tie char* pente débité avec son écorce ; le bois marmenfeau est un bois de haute futaie, conservé pour la décoration d*une maison.

Furetière répliqua.

Dangereux inventeur de cent ▼Uainea fablei, Sachez que pour livrer de médisants asstiits. Si vous ne boules pas que le coup porte II (aux, 11 doit êire fondé sur les fuits véritables.

Çà l disuns^nous tons deux nos vérités ; Il est du bois de plus d'une manière :

Je n'ai Jamais senti celui que vous cites; Notro ressemblanoe ^st entière.

Car vous ne sentes pas celui que vous portes.

Le dernier vers fait allusion aux galanteries de M'^* de La«Fontaine, ajoute Tabbé Raynal, qui a donné tout ce débat dans ses Anecdotes littéraires,

LA MONNAYE

Ruiné par la banqueroute de Law, il se

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voit rétluit à vendre des médailles reçues, en prix à l'Académie. Mais il n'en chante p^ moins/..

Ciel ! fiittt-il perdre alnel tout le fralt de met rera ! Ce eoup me perce les entrailles.

Et, pour d'aisez belles médailles, Il fftut arouer, c'e9t un rilain rerers.

Après ce quatrain, j'en pour;rais donner ^mille. C'était le beau temps du genre qui est trop méconnu aujourd'hui. Voici quelques vers à fappui de mon dire.

Sixain sur la grande édition illustrée des Œuvres de Dorât ;

Lorsque j'udniire ces estampes.

Ces viffnette«« ces culs-de- lampes, Je crois voir en toi, pauvre auteur, (Pardonne k mon humeur trop franche!) Un malheurôtax navigateur Qui se sauve de phmclie en planche.

^uatrkin sur le" Siige de Calais'/ pïèce qui avkitfâit ïa réputation de M/d^Bèlloy:

Belloy nous donne un siéçe, il en mérite un autre :

Qrave» acadtfioiclens,

Faites'lni partager Iq vdtrç, Oh tant de bonne* gêna ipnt assit ppvir des riens.

Quatrain sur M. de Chastellux, auteur de la Félicité publique^ nouvellement reçu à, TÂcadémie :

A Cliastellux ia place acadin4ai^e ?..

Qu*a-t-il donc fait? — Un livre bien conçu.

\«. Vous Vappeiezt -7 Fifftcr<^ ;ni(A(!7tM. '" — Le pnblljB fut Uenrenx, car \\ n'eni^ rie^ su.

Quatrain sur une représentation de. la tr^%

gédie de Coriolan par La Harpe," donnée au

profit des pauvres :

Pour les pauvres, la Comédie Donne une pure tragèfdiê ;' CTest bien le cas, en vérité^ ' Be Tapplaudir pat charité.

Le nôél faiftàit concurrence au quatrain.

En voici un sur le* Voltaire de Pîgafle; qu'on trouvait révoltant' en 1773 et qu'on appelait le squelette de M, de VoHafre r

Voici Vanteor de Vlngénu, Monsieur Pigal nous l'offre nu.

M onitottr Frëroti I0 drapent.

ÀUelnia^etc.

Fréron était le Veu!l^É)t du philosophe. '

Quelquefois, on se contentait de deux vers, comme ceux-ci :

Cbloé, belle et poëte.a deux petits travers : Em f^it s9iL ?liago ei oa làU pas ms vers.

Chloe ^tait la comtesse de Beauharnais, qui passait pour se farder outrageusement & pouf faire travailler sous son nom des gens de lettres, auxquels elle accordait d'ailleurs la plus généreuse hospitalité.

. Parmi ces derniers, on comptait Dorât, ce

qui fit dire à la mort du poète, que la comtesse avait perdu l'esprit — Encore un mot rajeuni bien des fois !

Plus Hjeureux que M"** de Beauhamais, Le Franc de Pompignan ne vit lancer contre lui qu*un seul vers, — un vers terrible, écrit sur le titre d-utie somptueuse édition in-quarto de ses Poésies sacrées, Psaumes et Cantiques ;

Sacrds sonl-ll?, car personne n'y touche !

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