‹ Les joueurs de motsChapitre 72 sur 93 · PIRON · texte numérisé non relu

PIRON

Ses mots célèbres ne sauraient être cite's tous ici. En voici toujours cinq ; ils ont leur mérite^ sans être les meilleurs.

De son temps comme du nôtre, la salle des. séances publiques se trouvait souvent trop petite. On faisait queue à la porte, et Pirpn, confondu parmi les simples mortels, ne se montrait pas des plus patients : — t< Vraiment, murmurait-il, il est moins facile d'entrer ici que d'y être reçu. »

Propos piquant, mais, sans valeur dans la, bouche d'un candidat malheureux.

Il est classique, cet autre mot qu'il fit dans la cour du Louvre, devant la salle des séances de l'Académie : — « Ils sont là quarante, ayant de l'esprit comme quatre. »

Combien de fois aussi n'a-t-on pas cité sa réponse à un ami qui lui reprochait de s*être grisé un vendredi saint.

tt II est bien permis que rtiumanité chancelle quand la divinité succombe. B

Un soir, Piron, qui était replet, suait à grosses gouttes au parterre de la Comédie.

On en rit autour de lui, et les voisins annoncent que Pirôn cuit dans son jus.

« Ajoutez, crie-t-il, qu'il cuit entre deux plats. »)'

Un autre soir, il regardait, en se moquant, une femme galante. « M*avez-vous assez considérée ? fait-elle impatientée.

-i- Je vous regarde, Madame , mais je ne vous considère' pas. »

Encore un mot rajeuni par les anecdotiers de notre temps. J'ai sbus lés yeux un

( .»63 ) Pifitmnmre gmusant qui en /fût bo^neur

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prit» il t-amuiâtt dM «âlembours Im : plus tt^toa, tout en crum contre ceux qu*il ne a)iiitnet«fliit pas. •

Après l'expulsion d»B i^euitee» il avaU recueilli à Ferney le père Adam, qui n'était

pa» le plus malin de Ja compagnie, et U en abufAJt pour le pr^eatçr à<towt y^nant evfc

cette formule :

« J^fp^re, voilà le* père Adeff), Iputile de vouf» avertir. que ce, n'e*t pas le prefpief homme rfu- n>pnde< »

C'est »usei À Ferney que §e présenta |^ fe;x)me du . fermier . g^oé^M - PauJ^e, vive-

ment désireuse Ue voir le {Ailosophe.

Comme on fait difficulté de l'introduire, elle se fait annoncer comme la nièce du ministre Terrai. Voltaire, -qui a celui-ci en horreur, résiste de plus belle, et charge le domestique de cette déclaration de guerre :

. « Dites à cette dame qu'il est' inutile de me voir, que je ne suis point beau, qu'il ne me reste plus qif une dent, ,& que je la garde contre son oncle. »

Je prends le récit suivant dans lès ïdé^ moires dits dé Bachaumont, à la date du 3o mars 1778.

tt L'autre jour, M»e de la Villemenue, vieille coquette qui désire encore plaire, a voulu essayer ses charmes surannés sur le philosophe; elle s'est présentée à lui dans tout son étalage, & prenant occasion de quelque phrase galante qu'il lui disait, & de

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