ARLEQUIN
Voici ce que raconte sur ce fameux artiste \q Journal de Paris du lo mai 1777, date bien postérieure au fait dont il est
question : ^
« Le président de Harlay avait faitcon-
naissance, dans une promenade, avec un étranger si spirituel, quMl l'invita à dîner & le présenta à toute sa société. Tout le monde en fut charmé. Impatient de ne pouvoir répondre aux interrogations de chaque^convive sur le compte de l'étranger, M. de Harlay le conduit dans son cabinet & demande à qui il a l'honneur de parler.
««Je suis votre parent, Monseigneur, lui dit l'inconnu.
— Mon parent !
— Oui, &L voici comment : Feu messire de Harlay, votre aïeul, était premier du nom. De lui naquit messire de Harlay second, votre grand-père; monsieur votre père était Harlay quatre, & moi, dit-il, en se jetant à ses pieds, je suis Arlequin^ qui vous demande pardon de son effronterie. »
Il va sans dire que le Pl-ésident lui accorda sa protection. Comme on l'a vu ici, M. de
Harlay était homme à entendre la plaisanterie.
l'abbé pellegrin
Sa carrière dramatique fut peu heureuse. Non-seulement ses pièces ne Tenrichirent pas, mais plusieurs lui valurent des avanies.
La première fois qu*on prononça ce vers de son opéra de Loth : — L'amour a vaincu Loth. — Un plaisant poursuivit sur le même ton : « Il devrait bien en donner une à l'auteur. »
L'ancien parterre était coutumier de ces à-propos. Il suffira de rappeler la scène où la Lecouvreur disait à Mithridate, représenté par son camarade Beaubourg, qui était fort laid :
« Ah ! seigneur, vous changez de visage. »
« Laissez-le donc faire ! » — criait-on dans la salle.