POISSON
II allait mourir, ce vieux comédien. Arrive le prêtre avec les saintes huiles :
« Ah ! monsieur le curé, remportez votre huile, je suis frit. »
Je donne CQtte gaieté sous toutes réserves & je ne sais à quelle source VEnçyclopédiana Ta puisée.
' Un délégué de la Comédie-Française priait M. de Villars de supprimer les entrées gratuites des pages à la salle de Versailles.
« Bah ! disait Villars, ils sont si jeunes... Ça ne tient pas de place. ^
-— J'en demande pardon à Monseigneur, mais, il le sait, plusieurs pages font un volume, »
Chassé, chanteur fort renommé au dernier siècle, se présente un soir aux Italiens. Arrêté au contrôle, il insiste sur un ton courroucé : — « Quand je vous dis que je suis Chassé, de l'Opéra!
— Eh bien ! vous serez aussi Chassé des Italiens, » — fait le contrôleur à bout de motifs.
m"* quinault
« Ma femme se fait peindre en Hébé.
C'est la mode. Mais quel costume prendre
pour lui faire pendant ? Je cherche en vain... »
Ainsi parlait le duc de Chaulnes^ — un érudit cependant, >- à la spirituelle Q.uinault, deTOpéra.
M Mais rien de plus simple ! fait-elle en riant de la mine embarrassée de ce pauvre duc. — Si madame de Chaulnes est en Hél^é, eh bien! faites- vous pourtraire en hébété ! «
Si elle se moquait de ses amis, elle savait les défendre. Lors du départ de Richelieu pour Minorque, on discutait fort les talents militaires du galant maréchal qui, en fait de sièges marquants, n'avait guère fait que celui ^de la chambre à coucher de M"* de la Popelinière, où il avait trouvé moyen d'entrer par une plaque de cheminée tournante.
— On croyait donc peu à un succès, & Tarn-
. ( i«7 ) Jbassadeur de Savoie, qui n'aimait pas Richelieu, s'écriait en raillant dans les groupes : — m On n'entre pas dans Mahon comme dans une chemifïée.
— Que voilà bien un propos de Savoyard! »
riposte Quinault.
Inutile de demander si les rieurs passèrent de son côté.
Au temps où les talents naissants de Raucourt faisaient fureur (1773), un spectateur, qui avait fait queue trois fois pour Tapplaudir, sans pouvoir trouver de place, exprima ses regrets par une pièce dont voici les derniers vers :
Je sais qu'on peut en triplant l'honoraire»
Hnmanlaer les traitants du parterre, Mais payer triple enfin ni*a retenu.
£ubKiez«vous cru, Jeun6 et faite pour ptaire, Qu'on regrettât d'employer un feu 'Pour vous claquot ?
Après la mort de Lekain (1778), grande dispute entre les sociétaires de la Comédie.
C'est à qui prendra ses rôles. Vrai Salomon, M. de Duras tranche le différend en faisant trois parts, distribuées entre Mole, Monvel et La Rive.
On fait sur ce dernier, la plaisanterie suivantt.
Ah ! quel affreux malheur m'arrive, A dit Melpom^no h Caron, Lekain a passé rAchéron, Mais il n'a p:int laissé ses talçnts sur La Rire.
Je ne crains pas de citer ces autres épigrammes comme de petits modèles du genre :
Sur l'embarras des richesses •