‹ Les joueurs de motsChapitre 81 sur 93 · OPÉRA DE GOURDET DE SANTERRE (I · texte numérisé non relu

OPÉRA DE GOURDET DE SANTERRE (I

Embarras de couplets, Embarras dans les rôle;}, Embarras de ballets.

Embarras de paroles :

Enfin, de toute sorte.

On ne toit qa'embarras ; Mais allez H la porte.

Vous n'en trouvères pas.

Jugement d'un habitant de la Garonne, Sur ropéra-comique le Dormeur éveillé, de Marmontel (juillet 1 784).

On n'est plus vrai ni plus habile, Selon moi. que ce Jeune auteur.

]1 nous annonçait un dormeur.

Eh I sandi» I 11 en a fait mille.

Vers adressés, en 1 788, aux auteurs italiens, lorsqu'ils prirent la détermination de mettre des banquettes dans leur parterre.

Bravo l Messieurs ; dans cette affaire Vous agisses très*prudemment :

Receves donc le compliment Que tout amateur doit vous faire.

Loin de juger légèrement Maint opéra, comme naguère.

Désormais, Messieurs du parterre Pourront aueoir leur jugement.

Un perruquier, qui se croyait du talent,

s'entend siffler sur le petit théâtre de Vendôme, pendant une repfë«entation d* Adélaïde Duguesclin. — Il s'approche de la rampe, salue et confesse ainsi sa méprise:

c Hier, Messieurs, je vous accommodais ; aujourd'hui je vous incommode; demain, je vous raccommoderai. »

Son rôle est achevé au milieu des applaudissements.

• SOPllIfi ARjrOt*LD

Ses mots sur la gfoSàeWé de M"» Ve»tris, sur Topëfa du Faucùtt et SUr le§ Châteaux branlants jouis&cnt d'un& très-grande notoriété.

Elle est non moins connue, sa riposte au fameux jnarquis de Bièvfe, lorsqu'il voulut faire de l'esprit à propos de melon.

Passons de la salle à' manger dans le bou-

doir. Ecoutons^les confidences de cet excentrique Lauraguais qui s'associa si longtemps à la vie de Sophie Arnould. Il est jaloux comme s*il ne donnait pas lui-même des motifs constants de jalousie. Amoureux de Mlle Rob..., danseuse de TOpéra, il a la naïveté de conter à son ancienne maîtresse les contrariétés que lui cause certain chevalier de Malte trop assidu près de sa nouvelle passion.

a Un chevalier de Malte ! s'écrie Sophie, Ah ! mon ami, combien vous avez raison de le craindre. Son métier n'est-il pas de chasser les infidèles. »

V Esprit des Anas a dénaturé cette charmante répartie; il fait d'e ce chevalier ramant même de Sophie Arnould (avril 1765).

Dans les coulisses, Sophie Arnould n'est

pas si clémente. Toutes ses camarades lui servent de plastrons.

Elle annonce, si la maigre Guimard a un rôle, qu'il ne sera pas besoin d'aller à Saint- Clou J pour voir jouer les eaux.

Méciianceté assez plate, mais devenue proverbiale. Elle a successivement affligé toutes les maigreurs du monde dramatique.

Sophie Arnould n*aime point trois sœurs du nom de Rose, Hyacinthe et Marguerite ; elle confond leurs noms fleuris en une seule insulte : — « Quelle plate-bande ! »

On siftie un soir (1779) la Durancy dont la voix rauque est un peu canaille. Sophie Arnould la plaint avec un feint étonnement : — « Pourquoi cette rigueur ? Elle a cependant la voix du peuple. »

« Les jardins anglais commençaient à envahir la France, q\ chacun entassait dans

son parc rochers, fleuves et temples grecs ou romains. On faisait contempler à Sophie Arnould une de ces merveilles. — « Que vous semble de cette rivière? criait le châtelain sur le bord d*un ruisselet.

— Mais, pas mal, vraiment! ça ressemble à un^ rivière comme deux gouttes d'eau. »

C'est à elle enfin qu'on 4oit la réponse superbe i « Monsieur, je suis trop fière pour les accepter!... » Â un niais qui disait : « On vous donnerait bien cinquante ans. »

UxN MUSICIEN

« Le compositeur Philidor, à la suite d'un long déjeuner, arrive en retard à la répétition d'un de ses opéras. Il fait tout recommencer, à la grande impatience des musiciens qui étaient à jeun et mouraient de

V 194 ) faim. A un moment où on allait attaquer une ariette qui deyait être joude d'une certaine façon, on l'entend crier à l'orchestre : — Les sourdines ! Messieurs, les sourdines ! !

— Ils sont bien heureux, » répond un des exécutants, en exprimant assez plaisamment l'envie qu'on portait à des hommes assez heureux pour ne pas entendre et pour dîner.

(Extrait de la Correspondance deGrimm, Novembre 1785.)

Après Grimm, Charles Maurice — le doyen des feuilletonistes dramatiques — me fournit cet autre fait :

En novembre 1 799, le Cabriolet jaune fut donné à l'Opéra-Comique par Alexandre de Ségur, — celui qui s'est fait appeler depuis

( 19^ ) Ségur sans cérémonie, par allusion à la place que son frère occupait près de l'Empereur.

De bons camarades tirèrent parti de l'usage où étaient alors les aboyeurs de crier à la fin du spectacle : « Qui demande sa voiture? »>

L'un des a postés criait à haute voix : — « Le cabriolet de M. Ségur! •»

Et un compère répondait : — « •Tais-toi donc, tu sais bien du'il vient de verser? »

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