LES MARCHANDS
Ils étaient jadis fort enclins au jeu de mots. Qui n*a vu ces dernières enseignes allégoriques représentant un cygne et une croix,' avec la légende : Au signe de la croix? — Qui n'a vu cette botte dî'épis sciés, chargée de symboliser le commerçant de denrées coloniales i* — Et ce K barré, si cher au cabaretier?
Il existe encore en province quelques
barbiers, exposant cinq tignasses, sous Tinvocation de Saint-Ignace. — Une marchande de poissons alla jusqu'à prendre pour enseigna un merlan dans un soulier, avec ces mots : A la marée chaussée.
Des imprimeurs lyonnais, les Carteron, avaient fait sculpter au-dessus de leur porte une balance, sur les plateaux de laquelle se trouvaient des poids d*un quart de livre, dits quarterons. Au-dessous, on lisait : Les carierons font les livres.
Quelquefois, le jeu de mots sa conforme aux vices de prononciation de son auteur.
A Strasbourg, un bi*asseur, détireux de rallier les étudiants an droit, avait fait peindre au-dessus de sa porte un éléphant dressé sur ses pieds de derrière , avec ces mots : à Véléph-en-droit,