‹ Les joyeuses commères de Windsor operacomique en trois actesChapitre 1 sur 75 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

MADAME FORD, sortant de sa maison, une lettre h la main. Qui se serait jamais duuté De cet excès d’audace?

C’est trop d’hon 'cur en vérité Que me fait votre grâce !

Quoi 1 John Falstalf est amoureux !

11 ose me le dire !

D’un ton modeste et langoureux Il me peint son martyre!

Cela mérite qu'on l’admire!

(Lisant.)

‘ « Merveille des merveilles.

Le ciel m’a fHit pour vous!

Nos âmes sont pareilles.

Et pareil» sont nos goût»! •

(Faisant une révérence.)

Jiî s-uis votre servante;

Parlez à ma suivante !

(Reprenant sa lecture.)

« l.e vin niius plult éualeincnt;

Baci'hus à vous nm lie! »

(S'interrompant de nouveau.)

Ah ! l’nüiiiirable compliment La chute en est juiiel (Lisaut.)

« Amuz, ma belle, à votre tour.

Un chevalier qui nuit et jour

I*üur vos beaux yeux se meurt d’amour.

John Fai. staff. »

Ah! sir John, volie seigneurie Me [laiia son iffronierie !

A ma voisine, s'il vous plaît.

Je cours porter votre billet.

Comptez sur nous.' votre insolence Aura bientôt sa récompense!

(Madame Page entre en scène, une lettre à la main, et sans voir madame Ford, qui reste un moment à l’écart avant de l’aborder.) MADAME PAGE.

A-l-on jamais vu qu’un amant Tînt un pareil langage?

A ma voisine promptement Montrons ce doux message !

(Apercevant madame Ford.)

Ma fui !

J’allais tout justement chez vous, mou cœur!

MADAME FORD

Pourquoi .*

MADAME PAGE

C’est un blIM que je leçoi...

MADAME FORD, riant.

Les billets pleuvent, je le voit MADAME PAGE.

D'un vieux galant sans foi ni loi!

M.VDAME FORD.

D’un vieux galant !... c’est comme moil MADAME PAGE.

Le style en est piquant, je croi!

ENSEMBLE

MADAME FORD

Au nom du ciol, lisez -le-moi !

MADAME PAGE, lisant.

« Merveille des merveille.s!

Le ciel m'a fait pour vous!... ■

MADAME PAGE

Vous en rirez! écoutez-moi!

Page 1