SCÈNE VIII
FORD, MADAME FORD, PAGE, CAÏUS, NIGAUDIN, pois
les deux valets de madame Ford.
PAGE
Non, capitaine, non; vous n’avez pas le droit d’éventrer M. Nigaudin chez moi...
NIGAUDIN.
Ni chez vous, ni ailleurs...
CAIÜS.
Permettez!...
NIGAUDIN.
Eh! que diable, monsieur, si vous avez absolument besoin d’évenlrer quelqu’un, commencez par M. Fenton I
PAGE
Nigaudin a raison; commencez par M. Fenton et nous verrons après !
FORD
Pardon, messieurs ! remettez, je vous prie, votre différend à tantôt, et veuillez me prêter main forte!... Vous m’avez accablé de vos sarcasmes hier, quand j’ai si injustement soupçonné madame Ford, madame Ford l’honnéte femme, l’épouse modeste, la vertueuse madame Ford !... Eh bien, messieurs, voulez-vous savoir ce que contenait le sac qu’elle envoyait au moulin ? — Il contenait un galant, et ce galant esta l’heure qu’il est dans ma maison I...
PAGE
Comment! encore?...
FORD
Si je vous trompe, ne me faites pas de grâce; je me livre d’avance à vos risées !...
MADAME FORD
Marché conclu, monsieur Ford!...
Qui diantre faut-il croire?... (Les deux valets, chargés d’oa sac, sortent de la maison de droite.)
FORD
Tenez ! voilà mes deux coquins!...
MADAME FORD, h part.
Bravo !...
FORD, anx valets.
Ici, drôles!... c’est encore du grain que vous portez au