‹ Les Joyeusetes de la medecineChapitre 16 sur 127 · VOL AU MALADE · texte numérisé non relu

VOL AU MALADE

M. C***, atteint de la petite vérole, transpirait abondamment entre trois couvertures de laine et un lit de plume, selon l'ordre formel de son médecin. Entre dans sa chambre un particulier convenablement vêtu qui lui dit avec la plus exquise politesse :

— Monsieur, ne remuez pas, je vous en prie, je sais que le lîioindre mouvement pourrait vous être mortel : dites-moi vite où sont vos bijoux et votre argent.

— Comment I mes bijoux et mon argent?

Mallieureuxl...

— Ne remuez pas! Au nom de votre santé, ne remuez pas! Vous n'ignorez pas combien celte maladie est dangereuse...

— Sortez, ou j'appelle!

— N'en faites rien ! j'ouvrirais la fencirc toute grande : un courant d'air vous tuerait ou, tout au moins, vous enlaidirait considérabic-

nient Ah! voici voire montre; très bien. £t

l'argent?

— -Misérable I

— Ne remuez donc pas! ou gare le veut! Eli, bien, ce magot?

— Là , dans ce secrétaire ! murmure le pauvre malade, qui voit son homme poser la main sur l'espagnolette.

— Très bien, vous êtes raisonnable. J'aurais été désole d'aggraver votre état. Adieu, monsieur, je vous souliaite une prompte guérison.

lit, là-dcssus, l'ingénieux grinchc, muni de son butin, s'esquive lestement.

(L'Esprit de loiii le monde.)

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