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L'ESTOMAC

Ce n'est pas tout de manger et de boire

S'il en faut croire Certain dicton tourné comme un refrain Je n'en connais ni l'auteur ni la date :

Est-ce Hippocrate, Ou Désaugiers, ou Brillât-Savarin î

Voici ce dicton populaire, (C'est de l'iionime que l'on parlait) « Dites-moi comment il digère, Et je vous dirai ce qu'il est. »

C'est, en effet, l'estomac qui te mène.

Machine humaine.

Qu'un grand ressort anime et fait mouv S'il marche mal, l'horloge la meilleure

Ne sait plus l'heure ^ Et prend toujours le matin pour le soir.

L'estomac dirige la tète, Et la pensée est un ruisseau Q.ui prend sa source dans la bête Pour se filtrer dans le cerveau.

Selon l'état du corps qui la voit naitre.

Elle peut être Triste ou riante alors qu'elle jaillit, Pareille à l'eau qui va calme ou rapido»

Trouble ou limpide, Selon le sol où s'est creusé son lit.

Connaissez-vous un hypocrite.

Un bilieux au teint cuivré.

Vous connaissez une gastrite Dans un appareil délaljré.

Les mécontents, les pointus et les aigres,

Espèces maigres, Tristes engins, pauvres tempéraments I L'ambition, la fureur des richesses.

Lourdes espèces, Grands appétits et mauvais instruments!

Voyez, au contraire, cet homme Qui rit et chante en un taudis.

Rouge et poli comme une pomme :

11 digère, je vous le dis.

i\ sent toujours germer dans sa poitrine

La fleur divine.

Fleur de gaité qui s'ouvre avec le jour! 11 est heureux d'un rayon qui l'enivre,

■ Heureux de vivre.

Enclin au bien et dispos à l'amour!

Soignons ce précieux viscère Comme la prunelle des yeux :

Le rétablir, c'est nécessaire.

L'entretenir, cela vaut mieux.

Certain mari, gouverné par sa femme,

Un jour réclame L'autorité : signe d'échaufFement !

Un purgatif rétablit l'équilibre.

Et, l'esprit libre.

Il redevient mouton en un moment.

L'estomac, c'est l'homme lui-même.

C'est parla qu'on nous a légué L'esprit malsain et le teint blême, Ou le teint clair et le cœur gai.

Hier, un pinson me lançait sa roulade, a Mon camarade,

Lui dis-je ;i!ors, le voilà bien joyeux ! » Il répondit d.ms sa trille légère :

« L'oiseau dijjère Mieux que personne ; il doit donc chanter mieux I »

G. Nadaud.

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