‹ Les Joyeusetes de la medecineChapitre 6 sur 127 · LE BON DOCTEUR · texte numérisé non relu

LE BON DOCTEUR

J'ai pour guérir des recettes certaines, Me dit à Reims un docteur plein d'esprit; Chaque ordonnance est un joyeux récit.

On souffre moins du moment que l'on rit. Je vous apporte un remède aux migraines.

0 Jean, de Marfaut, lionnète vigneron, Vint un matin me chercher pour sa fille En mal d'enfant. J'y cours, et la famille Comptait de plus le soir un gros garçon. 0 Oh' qu'il est beau! s'écriait le grand-père. c< Parbleu! docteur, vous serez le parrain. CI C'est un amour; le baptême .à demain. u Mais il est tard ; allons au presbytère, « Vous aurez là bon lit et souper fin. »

A ces raisons je me rendis sans peine. Le bon cure, chez lequel Jean me mène, Est jeune encore. Il m'offrit sa maison. « Je n'ai qu'un lit, dit-il, mais il est bon; f Vous en aurez la moitié, comme un frère, « Soupons d'.abord. » Lors à sa ménagère, Il Fille jolie, à l'œil un peu fripon ; Il Manon, ce soir, c'est un ami qu'on fête; 11 Vin d'archevêque et ragoûts délicats. »

Il Une heure après, dans un gai téte-.i-téte, Le verre en main, ainsi que deux prélats. Nous rendions grâce à Dieu d'un bon repas. Le souper fait, content de ma journée.

Près du pasteur je pris ma part du lit, Et dos à dos chaque ami s'endormit.

« Quand le bouvier, les pieds dans la rosée. Vint sous la cure avertir le troupeau D'aller aux champs, le curé de Marfaut, Que le corneur de son sommeil arrache, D'un coup de pied m'éveillant en sursaut : . « Manon, dit-il, va donc lâcher ta vache ! »

Comte DE Chevigné. (Les Coules rémois.) *

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