‹ Les Joyeusetes de la medecineChapitre 7 sur 127 · LA GOUTTE · texte numérisé non relu

LA GOUTTE

Monsieur le maréchal de *** était un de ces hommes que le monde désigne par le nom d'hommes de plaisir. Il avait conservé, jusque dans la vieillesse, les habituJes qu'il avait prises étant jeune : il arriva qu'un jour, étant au lit, le d ic lie **' vint le voir et entra r.mr.lièrcmcn:

dans sa chambre, parce qu'on lui avait dit qu'il t-tait dans les douleurs d'un accès de goutte. Le duc, après les compliments ordinaires, s'assied et entre en conversation; mais bientôt remarquant que les rideaux étaient fermés soigneusement, les couvertures relevées et le maréchal un peu embarrassé, il soupçonna que celui-ci n'était pas seul, et il n'en put plus douter lorsqu'il aperçut sous le lit un soulier de femme.

— Je vois avec plaisir, lui dit-il alors, que vous n'êtes pas dans l'état où l'on m'avait dit que vous étiez.

— Je suis, répondit le maréchal, prodigieusement tourmenté dans les pieds.

— Parbleu, je n'eu suis point surpris, puisque vous vous servez de chaussures aussi étroites, répliqua le duc, en lui montrant le soulier qu'il avait découvert.

Le maréchal ne put s'empêcher de rire, et, renonçant à toute réserve, il dit au duc :

— Vous avez raison, je m'en procurerai une autre paire.

Page 1