‹ Les Joyeusetes de la medecineChapitre 63 sur 127 · BRAVE SŒUR · texte numérisé non relu

BRAVE SŒUR

Mathuriu Legros n'a pas de chance.

Il aimait pourtant bien la Victoire; mais Ja Victoire est capricieuse, et, dame... que voulezvous I les artilleurs sont sujets, comme les autres, aux désagréments de la guerre... Il fallut le transporter à l'hôpital.

(i) La scène de Crispin, médecin d'Auieroche, est tirie de ce conte, bien plus ancien que cette comédie.

Là une opération fut jugée nécessaire. Mathurin hésitait; mais voyant que cela ferait plaisir au chirurgien, qui semblait le supplier, ce brave artilleur dont la bonté était sans exemple, et qui se serait volontiers, comme on dit, couhc Je derrière en quatre pour un ami, se résigna. On le mit sur le dos et crac... un cri. Et ce fut tout.

La sœur de service accourt à ce cri et s'empresse auprès de Mathurin, qu'elle cherche à consoler...

— Que vous a-t-il fait le major?

— Une amputation ! !

— Rien n'est triste comme la perte d'un membre, ajoute la bonne lemme.

Et la voilà qui s'informe.

— Vous avez dù bien souffrir...

— Oh! oui, ma sœur!

— • Allons, consolez-vous; je vous soignerai bien, et dans un mois, il n'y paraîtra plus... on vous en mettra une en bois.

{Coules grivois.)

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