‹ Les Joyeusetes de la medecineChapitre 90 sur 127 · UNE BONNE RÉCLAME · texte numérisé non relu

UNE BONNE RÉCLAME

Le Journal de Vichy raconte la cure authentique dont suit le récit. Nos lecteurs voudront bien comprendre par quel sentiment de réserve nous supprimons les noms propres.

« Un événement singulier vient de se passer à Londres.

« Il y a quatre ans, un nommé Djem Tish était condamné à cinq ans de prison pour dettes. Il essaya bien d'éviter les recors, mais on finit par le cueillir, et on l'enferma dans la geôle de Clerkenwell.

« Pendant les premiers jours, Tisli fut en proie à un désespoir légitime, et pensa très sérieusement à mourir de chagrin. Puis il se consola, et, n'ayant rien de mieux à faire, se mit à lire et à manger toute la journée. A manger surtout.

« Dévorer quatre heures par jour sans prendre d'exercice, cela rend forcément obèse l'homme le plus maigre; et trois ans suflirent à Tish pour devenir tellement énorme, qu'un beau jour il lui était impossible de passer par la porte de sa cellule pour aller prendre l'air.

« Ce fut justement à cette époque que sa famille se décida à payer ses dettes, si bien qu'on reçut l'ordre de le mettre en hberté.

« Impossible! par quelque côté qu'il s'y prît, de face, de profil ou de trois quarts, il ne pouv.iit sortir.

« Il adressa une pétition au gouverne-

ment pour obtenir que sa cellule fût démolie à ses frais. Mais chacun sait qu'en Angleterre on ne peut, ni pour or, ni pour argent, toucher aux immeubles de la reine.

« Le malheureux Tish fut donc resté toute sa vie prisonnier si, un jour, un journal français ne lui était tombé sous les yeux. Ce journal parlait des merveilles opérées par l'eau de X... qui rend la minceur aux plus épais, et qui en fournit l'exemple en la personne de son médecin M. X...

« Tish était si gros qu'il lui fallut deux mois de traitement pour sortir enfin de sa cellule; mais depuis quarante-huit heures il est venu se fixer A Paris.»

LE JUGEUX D'EAU

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