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LES JUIKS ET I. ES ARABES EN ESPAGNE

Les deux nationalilùs. — Premiers symplAmes de dësacco Kévolte du chef Kaula. — Origine des inuuvemenis talmudiques parmi lesjuifs arabes. — Le faux messie Se

— Première scission — Abou-lsa, le soi-disant Prèctir

— Anan, fondateur et chef du Caraïsme. — Caraïies et banites. — Les Juifs d'Espagne et la cour de Cordoue.

Le vaillant et utile concours des Jiiilf la conquête de l’Espagne leur assura d’ab un certain degré d’indépendance, d’aulonoi et de considération au milieu des Arabes ; ils valent, pour ainsi dire, avec eux sur le pied l’égalité ; en dépit des différences de croyai et du fanatisme mahométan, rien ne leur r pelait leur ancienne existence misérable, enti rée de pièges et de trahisons. Pour les Aralr c’étaient des alliés sûrs en cas de guerre

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de révolte ; d’ailleurs ils se familiarisaient avec les mœurs et les idées des conquérants sans renoncer à leur propre autonomie; comme leurs frères d’Orient, ils se rendirent bientôt maîtres de l’arabe, langue poétique et flexible. Toutefois ils n’étaient pas encore arrivés à la production littéraire, et ce fut l’Orient qui dut les initier au mouvement intellectuel arabe, auquel Us participèrent depuis avec tant d’éclat.

Il ne faudrait cependant pas croire qu’il n’y eût point de causes de dissensions entre les deux races. Des conflits éclatèrent, car nous voyons ce chef juif déjà nommé, Kaula-al- Yehoudi, se révolter contre le maître régnant Le motif de cette détermination si hardie n’est point connu; nous savons seulement qu’il entra en lutte ouverte avec le gouverneur tyrannique Alhorr, et qu’il fut vigoureusement soutenu par ses coreligionnaires. Kaula sut se maintenir pendant un certain temps dans TAragon et dans la Catalogne; finale-

ment il fut vaincu, fait prisonnier et m mort. Ses partisans se dispersèrent (71 mais l’agitation continua parmi les Juifs, moment môme où chez leurs coreligionnai de Syrie se dessinait un mouvement analog et probablement corrélatif au premier.

11 y avait dans ce dernier pays, aussi bi qu’en Palestine et en Babylonie (Irak), ( Juifs venus d’Arabie, où ils avaient autref exercé une certaine influence. Vaincus p Mahomet, ils avaient été chassés de la pre qu’lie. C’étaient les déhris des Benou-Kaïmi km, des Benou-Nadhir et des Chaïbarite vrais fils du désert, hommes vaillants, guei riers et chevaliers, habitués dès longtemj à l’indépendance et au libre développemei de leurs facultés, en constantes relations ave les Arabes, autrefois leurs alliés et compagnons d’armes, parmi lesquels ils s’ étaient établis de nouveau après la conquête de la Pers< et de la Syrie. Certes, ces hommes étaient attachés à leur foi ; ils l’avaient défendue au

prix de leur sang ; ils lui avaient sacrifié la fortune, la gloire, la patrie! mais 1^ judaïsme n’était pas celui de leurs coreligion- ' naires qui suivaient le Talmud ; ses prescriptions minutieuses, telles qu’on les observait dans ces pays, les gênaient dans l’expansion de leur caractère et dans leurs rapports accoutumés avec les Arabes.

Les occasions de controverses religieuses avec les Arabes ne manquaient pas; pour maintenir la valeur du judaïsme en face des mabométans, qui prétendaient apporter la régénération universelle au monde, les Juifs arabes durent souvent cbercher des arguments dans la Bible. C’est ainsi qu’ils crurent découvrir que bien des lois, présentées par le Talmud et les écoles rabbiniques comme des commandements religieux , n’étaient nullement fondées sur les textes bibliques. Les prescriptions talmudiques étaient sans doute nécessaires à -la conservation du judaïsme ; mais les Juifs arabes n’étaient pas bien placés

pour le comprendre. Quoi qu’il en soit, il constant que les premiers symptômes d’^ • gnement pour les lois talmudiques se m.

restèrent d’abord parmi la colonie j arabe de Syrie ou de Babylonie (Irak).

Un écrivain parfaitement autorisé affi qu’au commencement du vm« siècle, Juifs de Syrie étaient sans cesse entra à quitter le judaïsme talmudique pour tenir purement aux prescriptions bibliq L’initiateur de ce mouvement était un h tant de la Syrie, nommé Sereiie, qui prêter être le Messie. 11 fit luire aux yeux des J la prochaine conquête de la Palestine, d’c promettait de chasser les mahométans.

premiers se montraient d’autant plus pori caresser l’idée d’une restauration de leur tonomie, qu’ils commençaient à être en 1; aux persécutions du fanatique calife Onia (717-720).

En même temps que Seretie parlait reconquérir la Palestine, il abolit les presc

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(ions talmudiques les plus essentielles, ce qui ne contribua pas peu à augmenter le nombre de ses partisans.

La réputation deSerene parvint jusqu’en Espagne ; beaucoup de Juifs de ce pays abandonnlêrent tout pour suivre le faux Messie. Ils n’étaient sans doute que médiocrement satisfaits de la conduite des Arabes à leur égard. Dix ans s’étaient écoulés depuis la conquête à laquelle ils avaient tant contribué, et déjà on les accablait d’impôts à l’égal des chrétiens vaincus. Le gouverneur Anbaza (Ambiza) s’empressa de confisquer les biens de tous ceux qui avaient abandonné le pays pour se ranger sous les ordres de l’agitateur ( 721 ).

Serene finit misérablement. Il fut vaincu et fait prisonnier par le successeur d’Omar II, le calife Yézid, qui le remit aux Juifs eux-mêmes, leur confiant le soin de le châtier. Ses adhérents voulurent rentrer dans les communautés dont ils s’étaient séparés en renonçant aux prescriptions talmudiques. Fallait-il les rece-

voir comme repentants ou comme d< prosélytes ? La question fut soumise au ( la grande école babylonienne de Poum' Natronaï ben Nehemia, connu par la r de ses principes. Natronaï répondit qu’oi à les traiter comme des coreligionnaires qu’ils devaient faire pénitence publique les synagogues, et mener une vie con aux lois du Talmud.

Un fait bien singulier se produisit en circonstance. On vit arriver dans les con nautés un certain nombre de Juifs qui d rèrent vouloir rentrer dans la communioi fidèles, après avoir vécu longtemps en df même des prescriptions bibliqugs, sans ni chrétiens, ni mahométans. On n’a ja su exactement d’où venaient ces hommes, la décision du même chef d’école, on accu également dans la synagogue ces nouv pénitents.

Trente ans après la mort de Serene, manifesta un nouveau mouvement antital

dique, égalemeni mêlé d’enthousiasme messianique. Cette nouvelle agitation était l’œuvre d’un homme à la fois vaillant et fanatique, Obadiah Abou-Isa ben Ishak, d’Ispahan en Perse. U avait une certaine instruction, connaissait la Bible et le Talmud, et écrivait avec une véritable chaleur. Guéri subitement de la lèpre, il vit dans ce fait un miracle, et se crut appelé à de grandes destinées. Il était, disaitil, non point le Messie, mais un précurseur, un excitateur qui devait frayer la voie. 11 avait réellement foi dans sa mission de cinquième et dernier précurseur du Messie, et il annonça hautement que Dieu l’avait destiné à délivrer la race juive de l’oppression.

Bientôt il se vit entouré de nombreux adhérents ; comme Serene, il introduisit des ‘ modifications importantes dans la religion, abolissant le divorce, augmentant les prières, défendant l’usage de la viande, du vin, etc.

Abou-Isa voulut accomplir l’œuvre de la délivrance l’épée à la main, et organisa ses

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sectateurs comme une armée régulière moment était, du reste, très-favorable j une expédition aventureuse.

La guerre civile venait d’éclater, terri immense, dans l’empire des califes ; sur t l’étendue des possessions arabes, les c grands partis, les Abbassides et les Oméya luttaient entre eux avec acharnement. Grâ ces sanglantes guerres, Abou-Isa put comt cer son œuvre de délivrance et se maint dans les environs d’Ispahan, jusqu’au mou où les partisans d’Omar furent totalement faits par les Abbassides, qui mirent à i les principaux chefs du parti vaincu. La !

mission des Oméyades fut aussi le ternie succès éphémères d’ Abou-Isa.

Ges événements restèrent inconnus des .

d’Espagne; leur attention se portait sur faits qui les touchaient plus directeu Un changement de dynastie venait de pérer en 768, et avait mis fin à la dom tion violente des émirs en spagne. Un

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Cendant des califes oméyades, proscrit comme tous les siens par les Abbassides, Abdérame, devint le chef d’une dynastie sous laquelle la civilisation arabe devait prendre un brillant essor. Abdérame, dur et sévère, fut bienveillant pour les Juifs; il se souvenait sans doute que, traqué par ses persécuteurs en Afrique, il avait échappé à la mort, grâce à l’intervention d’un sectateur de Moïse.

Sous son règne et sous celui de ses successeurs, les Juifs purent développer librement leurs facultés et arriver à un haut degré de culture intellectuelle. A ce moment, cependant, ils restaient encore complètement étrangers au mouvement de la civilisation juive dans l’Orient, à l’extrémité opposée de l’immense empire des mahométans, mouvement dont les origines remontent à la naissance du caraïsme.

Les grands phénomènes historiques se produisent dans un ordre constant et régulier. Le progrès ne s’acquiert qu’au prix de la lutte et

amèue souvent la réaction; la vérité jaill surtout du choc et de la contradiction. Or, C( alternatives précisément faisaient défaut d' puis des siècles à l’histoire juive ; la v religieuse était étouffée, pétrifiée. Le chris tianisme paulinique et post-apostolique ava abrogé la loi, éloigné V étude et impos la foi. De là, dans le judaïsme, un réaction dans le sens diamétralement opposé c’est-à-dire l’attachement profond aux com mandements, et les subtilités d’argumentatioi dans les travaux de législation religieuse Cette réaction produisit le Talmud, qui devin bientôt la seule autorité reconnue et finit pa: effacer parmi le peuple la connaissance (L':

livres bibliques. Le souffle vivifiant e poétique des livres sacrés avait cessé d’anime: aussi bien les communautés que ceux qui pré sidaient à leur direction. L’étude du Talmuc même, qui, du temps des Amoraïm, contribuait encore dans une certaine mesure à la culture et au développement de la pensée, était

devenue un stérile et aride exercice de mémoire.

Les tentatives de Serene et d’Abou-Isa contre les idées talmudiques avaient échoué à cause de l’infériorité morale de ces deux novateurs et de leurs rêveries messianiques.

Mais avec une initiative bien dirigée, dans un milieu favorable, ce mouvement devait s’étendre infailliblement et prendre des proportions sérieuses. Anan, le neveu de l’exilarque Salomon, mort en 762, entreprit l’œuvre. On a peu de données sur l’existence de cet homme, qui devait marquer d’une manière si profonde dans l’histoire du judaïsme. Exalté par ses adhérents , il fut vilipendé par ses ennemis qui, cependant, ne lui refusaient pas une certaine science talmudique. Les deux chefs ou gaonim des grandes écoles de Soura et de Poumbadita, qui connaissaient les tendances antitalmudiques d’Anan, s’opposèrent à son élection à l’exilarchat, où il était appuyé par un parti puissant.

Anan échoua ; accusé de calomnie prt calife régnant, il fut obligé de se réfugit Palestine, où il fut suivi par un certain r bre de partisans. Il bâtit à Jérusalem mên temple, qui existait encore à l’époque des < sades. La persécution n’avait fait qu’exalte convictions d’Anan. Refusant toute autoril Talmud, qu’il accusait d’avoir dénaturé b daïsme, le novateur ramena la vie religii à la vérité, c’est-à-dire selon lui, au text la Bible. Tout son système se résumait c ces mots : étudier assidûment les Écritu De là le nom de cardisme (mikra), conn.

sance des Écritures.

Tout en prétendant ramener la foi ; pureté primitive, le fondateur du caraï créa un formalisme étroit et imposa à ses tateurs des prescriptions plus rigoureuses celles du Talmud; dans son zèle à comb:

les Rabbanites, il dépassa leurs exag lions.

Il modifia profondément les lois sur

fêles, le sabbat, la . nourriture et les mariages consanguins ; il suffira de dire que, s’en tenant au texte littéral du .Pentateuque, il défendait, le jour du sabbat, de tenir allumés la lumière et le feu , de goûter des aliments chauds, de sortir de sa maison, d’administrer ides, remèdes aux malades, etc.

11 apporta aussi de grands changements à la fixation des néoménies et des fêtes ; la Pentecôte, entre autres, devait être célébrée non plus cinquante jours après le premier jour de Pâque, mais après le samedi qui coïncide avec cette fête. En même temps qu’il abolit les lois talmudiques, Anan proscrivit les prières traditionnelles, môme les plus poétiques, et n’admit dans le rituel que des textes tirés de la Bible.

Attachée à la lettre morte, la religion, comme le culte nouveau, prit un caractère sombre, froid et dénué de tout sentiment.

Anan avait ramené nécessairement les esprits vers les reclierches bibliques ; mais

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à cette époque on ne pouvait guère tendre une exégèse rationnelle et indépendante, novateur lui-même dut avoir recours à Tari traire et aux arguties qu’il reprochait aux t 'mudistes; en repoussant la tradition, avait privé sa secte de tout lien avec passé; d’un autre côté, Anan, esclave sens étroit du texte, négligeait toute loi hisi rique, toute conception poétique, et ail à l’encontre des aspirations populaires, caraïsmeeut ainsi une base mesquine, arli cieUe; tout développement puissant, fécoii lui devenait impossible dès l’abord.

Les Garaïtes ou Ananites donnaient aux ti mudistes le surnom de Rabbanites, sorte d’i: jure signifiant les partisans des autorités. L nimosité entre les deux partis était très-vi et ne fit que s’accroître. Les chefs des dei grandes écoles talmudiques avaient naturelh ment exclu les novateurs du judaïsme. Li Garaïtes, de leur côté, évitaient toute alliano toute relation avec les Rabbanites ; on se reu

voyait mutuellement les épithètes d’hérétiques (minim, apikorsim), d’ohscurants, etc. La communauté caraïte de Jérusalem * reconnut Anan pour son exilarque. Cette dignité devait être héréditaire dans sa famille : le schisme était consommé.

Anan demeura à la tête de sa communauté jusqu’à la fin de sa vie. On ne connaît pas exactement la date de sa mort. Ses adhérents conservèrent une profonde vénération pour sa mémoire. On lui consacra une formule particulière de prière qui fut intercalé^ dans l’office du sabbat, et qui s’est conservée jusqu’à nos jours. EUe est ainsi conçue :

« Que le Seigneur étende sa grâce sur le prince Anan, l’homme de Dieu, qui a ouvert la voie de la Thora, a éclairé les yeux des caraïtes, a éloigné plusieurs du péché et

1. Le caraïsme eut son premier centre à Jérusalem même, ainsi qu’il résulte des deniii'es de Nissi ben N'oati et de Salomon ben Jercuoham, de mémo que d’une correction erronée d'un ancien copiste de Meguilalh Taanilh, qui explique Akra (le fort d Sion), par : lieu des Caraïtes.

nous a montré le bon chemin. Que Dieu ] donne une bonne place parmi les sept class de bienheureux qui entrent au paradis. »

Le jugement impartial de la postérité peut ratifier ces louanges. Le schisme qu’An a suscité dans le judaïsme a puissamme servi, sans doute, le développement de 1 dée et des études juives ; mais on ch< cherait en vain chez Anan quelque grande d’esprit. Il n’avait ni conceptions profondes, vues philosophiques; inconséquent dans guerre cont^'e le judaïsme talmudique, il laissé subsister bon nombre de rites dont l’or gine ne peut être rapportée aux textes biblique Quoi qu’il en soit de cette contradiction, caraïsme eut l’inappréciable avantage de r; mener les Rabbanites et les Talraudistes eu:

mômes aux sources vives des Écritur saintes. Pour répondre à leurs contradicteui ces derniers furent obligés de suivre les nov tours sur leur propre terrain, et d’ouvrir Bible, négligée depuis si longtemps.

De leur côté, les Caraïtes,pour soutenir leurs opinions, durent recourir à une méthode, à une philosophie quelconque; ils furent entraînés vers la philosophie quasi-rationneUe, dite mutazalite, qui était née chez les Arabes. Leur mouvement en ce sensentraîna les Talmudistes dans la même voie ; les résultats immédiats du schisme caraïte furent donc l’étude de la Bible et l’adoption d’une philosophie religieuse.

Les Caraïtes furent les créateurs de la massora et de la grammaire hébraïque, toutes deux nécessaires à l’intelligence des textes sacrés ; les Talmudistes ont ensuite développé ces deux branches importantes de la science biblique.

Les premiers n’accordaient à la raison qu’un faible poids dans les discussions religieuses ; les derniers en ont fait le suprême arbitre.

Pendant tout le cours des viii' et ix« siècles, les Juifs d’Espagne restèrent assez indifférents au mouvement caraïte; ils ne connaissaient d’autres autorités religieuses que les acadé-

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mies de Saura et de Poumbadita ; ils cont huaient à l’entretien de ces célèbres éco talmudiques, de même que leurs frères d’ delà des Pyrénées. Le gaon continuait à ê:

pour eux le chef de l’exil, et ils soumettai< à la décision de son tribunal les questic douteuses en matière religieuse ; un ga d’Orient rédigea, vers 880, pour les Juifs d’I pagne, un rituel qui fut généralement adop Malgré les motifs de désaccord dont no avons parlé plus haut, il y eut entre les Juifs les Arabes des rapports d’amitié qui ne pure jamais s’établir entre ces derniers et les chr tiens du pays. Les Juifs ne s’occupaient guè de politique ; les annales arabes renferme des témoignages certains à ce sujet.

Deux objets mettaient en relations ] Juifs riches avec la cour de Cordoue ; la fab cation de la ^oie et le commerce des esclave Amis du faste oriental, les califes d’Esp; gne s’appliquaient à favoriser dans leu États les industries du luxe, et savaiei

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utiliser, dans cette intention, l’esprit d’entreprise de leurs sujets juifs *.

La méfiance, parfois justifiée, des mêmes princes pour les Arabes et les Berbères, leur faisait préférer, pour leur entourage immédiat, des serviteurs venus de pays étrangers. On achetait donc des esclaves, principalement dans les pays slaves, on les habituait au service et on les vendait ensuite à la cour de Cordoue ; de jeunes Slaves ou esclaves, élevés dans la religion mahométane, servirent à former exclusivement la garde des princes, et ils ne tardèrent pas à acquérir une grande puissance dans l’État. Les ‘intermédiaires du commerce entre les étrangers et la cour étaient des Juifs* qui, par leurs coreligionnaires d’autres pays, avaient des relations régulières avec ces contrées éloignées. Le clergé tonnait en vain contre ce trafic ; non qu’il le condamnât en lui-même, puisque bien des

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