‹ Les juifs d'Espagne, 945-1205Chapitre 9 sur 115 · I.ucas Tudensiü chronicon, p · texte numérisé non relu

I.ucas Tudensiü chronicon, p

d’un des leurs appelé Kaula-al-Yehoudi.

Après la mort de Roderik, dernier roi des Visigoths, les Arabes victorieux avancèrent sans rencontrer de résistance sérieuse; partout ils furent soutenus par les Juifs. Gom ptant sur leur appui, les généraux arabes, à mesure qu’ils s’emparaient d’une ville, n’y laissaient qu’une faible garnison, et disposaient ainsi de presque toute leur armée pour continuer la conquête du pays. Il se trouva donc que -les Juifs, esclaves quelques jours auparavant, étaient maîtres des importantes cités de Grenade, Malaga, Cordoue et autres. Les grands et le clergé avaient quitté Tolède, la capitale; à l’approche de Tarik, il n’y restait qu’une garnison insignifiante. Pendant que, le dimanche des Rameaux de- l’an 712, les habitants chrétiens invoquaient le secours du Christ dans les églises, les Juifs ouvrirent les portes'

I. Aliiiakkari, cilé par (îayargos, Hii/Ofi/ of tin mnhomrlan dÿtiasliet in Spain, 1, 280, i t Wcil, I^s Califes, 1, .‘J19, S28.

Si LES JUIFS D'ESPAGNE

de la ville aux Arabes, qu’ils reçurent comr des libérateurs; c’était la revanche d ' cruelles persécutions auxquelles ils étaient < butte depuis si longtemps.

Tarik confia la garde de la ville à ses nouveai alliés et continua à poursuivre les Visigoths, qi avaient pris la fuite, emportant leurs richessef plus tard le gouverneur d’Afrique, Mouza-ibi Nosaïr, jaloux des succès de Tarik, envoj de son côté en Espagne une seconde armée ces troupes nouvelles s’emparèrent, d’un cer tain nombre de villes, dont la garde fut égal< ment confiée aux Juifs.

Ce fut dans ces circonstances favorables qu ces derniers passèrent sous la domination de Arabes. On les considéra comme des alliés, l’égal des Juifs de la Babylonie et de la Perse on les traita avec beaucoup de bienveillance on leur permit de pratiquer ouvertement leu:

religion, liberté dont ils avaient été privés depuis si longtemps; ils reprirent leurjuridictior particulière sur leurs coreligionnaires; néan-

LES JUIFS D’ESPAGNE moins ils furent astreints à payer la dzimma, capitation imposée aussi aux chrétiens récemment soumis.

Les Juifs d’Espagne entrèrent ainsi dans la communauté universelle, qui s’était formée en quelque sorte entre tous leurs coreligionnaires vivant dans le vaste empire de l’Islamisme.

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