Abraham Ibn-Daoud
a cette époque, Abou Fadhel Chasdaï, né vers 1040, vizir du roi de Saragosse Almouktadhir Billah, protecteur des lettres. Cet Abou Fadhel était le fils du poète Joseph Ibn-ChasdaT, le rival d’Ibn-Gebirol. Il s’occupait beaucoup de philosophie spéculative, et n’était étranger â aucune science. Ce devait être un homme bien remarquable, car les historiens arabes prétendent qu’il embrassa l’islamisme, tandis que les écrivains juifs persistent à le revendiquer comme un des leurs*.
La mort de Salomon Ibn-Gebirol, le poète philosophe, termine cette brillante période. La catastrophe qui atteignit Joseph Ibn-Nagrela et la communauté de Grenade assombrit la fin de sa vie. Les derniers accents de sa muse (1068-69) sont des élégies douloureuses sur l’exil et les épreuves d’Israèl* ; après de
i. Saadia Ibn-Danan, Chemda Ghenouta, p. 16.
î. Poésies liturgiques d’Ibu-Gebiroe : 133 XHV
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LES JOIFS D'ESPAONE 467
longaes vicissitudes, il s'éteignit â Valence vers 1070, à peine âgé de cinquante ans.
Une légende raconte qu’il Alt tué par un poète arabe, envieux de son talent ; le meurtrier enfouit lé cadavre sous un figuier. L’année suivante, l’arbre produisit une telle abondance de fieurs qu'il attira l’attention; le crime fut découvert. Mais c’est là une allégorie trop transparente : le figuier, c’est Israël, à qui le génie poétique du grand écrivain avait infusé une sève nouvelle.
Les Juifs de l’Europe orientale restèrent complètement étrangers au mouvement intellectuel de leurs frères d’Espagne. Il n’est pas même question de talmudistes parmi eux; pms tard seulement on en nomme quelques-uns ; mais on. ne sait pas exactement s’ils étaient rabbanites ou caraïtes. Ces derniers se trouvaient alors en pleine décadence. A peine peut-on citer parmi eux un écrivain, Jacob b. Reüben, qui composa un commentaire biblique vers 1050 {Séfer ha-Oscher).
Ils étaient si peu avancés dans la grammaire hébraïque, leur étude favorite cependant, qu’un des leurs, Ali Ibn-Souléiman *, adopta dans son lexique hébreu les observations et règles fixées par Ghayoudj *. Les rabbanites avaient donc dès lors vaincu les caraïtes sur leur propre terrain, et ce mérite revient surtout aux rabbanites de l’Espagne.
I. PiDsk«r a démontré irrécnsablement qne ce Caratte a écrit non Tors le tempa de la première croisade (109K), mais entre 1010 (l'année messianiqne fixée par Yépheth) et. 1088, année de la rédaction dn commentaire d’Abonlfaradj Yeaehua. LiAouM kadmonifolh, snpplëm., p. 8.