‹ Les juifs d'Espagne, 945-1205Chapitre 28 sur 115 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Isaac Ibn-Albalia et ses traTanx. Tsaae Ibn-Ghial. Issae Alfassi. Les conseillers juifs d’Alfonse de Castille. Mort d'Ibn-Schalbib, d’Ibn-Ghiat et d'Ibn-Albalia. Alfassi en Espagne. Les Caraïles en Espagne. Ibn-Altaras, Yesona Abou Alfaradj. Les Caraïtes persécutés par Joseph Alcabri. Disgrâce de Cidellns.

La première persécution des Juifs dans le royaume de Grenade, tout en ébranlant d’abord les communautés d’Espagne, ne les arrêta point dans leur marche progressive; ce fut un grand malheur, mais un malheur isolé. Les rois et émirs des autres parties de l’Espagne continuèrent à s’entourer de fonctionnaires juifs, et un historien arabe du temps se plaint de cette préférence*. Leur exemple

1. Auteur anonyme cité par Dozy, Seriplorum Jrabum loci, U, p. 16 .

entraîna même les rois chrétiens; les Juifs avaient à peu près la même situation parmi les deux puissances ennemies qui se partageaient la Péninsnle, et ils ne perdirent rien de leur influence lorsque les États catholiques commencèrent à prédominer sur les États mahométans. Les Juifs purent donc continuer à se livrer avec ardeur à la culture des sciences et des lettres, dont les progrès avaient été si remarquables à l’époque du Naguid et d’Ibn-Gebirol ; l’étude du Talmud fut l’objet principal des efforts des écoles ; la poésie, la grammaire et l’exégèse biblique durent lui céder le pas. Mais, dans cette étude, les rabbins commencèrent à s’éloigner de la méthode traditionnelle, transmise par les Gaonim ; ils cherchèrent une voie nouvelle qui leur fût propre; la dialectique, qui est dans le fond du Talmud, fut en même temps remise en honneur en Espagne, en Asie et en France. Les études talmudiques prirent un puissant essor, de façon à éclipser les travaux des temps gaoniques.

LES lUlES D’ESPAGNE VH

Par une sing^ulière coïncidence, des six principaux maîtres qui dirigèrent ce mouvement, cinq portaient le nom d’Isaac, le sixième s’appelait Yitzcliaki : ce furent Isaac Ibn-Albalia, Isaac Ibn-Ghiat et Isaac ben Reouben ; Isaac Ibn-Saknaï, moins célèbre que les précédents, enfin Isaac Alfassi, La biographie de ces hommes forme pour ainsi dire l’histoire de learép oque.

La famille d’Isaac ben Baruch Albalia, une des premières de Gordoue, faisait remonter son origine à ce Baruch de Jérusalem, envoyé, dit-on, par Titus à Méridapour y introduire la fabrication de la soie. Il naquit en 1075; protégé parle vizir Samuel, il s’adonna passionnément à l’étude des mathématiques, de l’astronomie, de la philosophie etduTalmud. A l’âge de trente ans, il avait commencé un commentaire sur quatre passages difficiles du Talmud, ce pêle-mêle d’aromates^, comme il disait; l’ou-

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