‹ Les juifs d'Espagne, 945-1205Chapitre 36 sur 115 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

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Les Juifs sous les Almoravides. Les viiirs juifs, Ibn-Alinouallem, Ibn-Kamnial, Ibn-Mohadjar. L'astronome Abraham B. Clii^ah. Les rabbins Joseph Ibn-Sabal, Barucli Ibo-Albalia, Joseph Ibo-Zadik, Joseph Ibn-Migaseb. Les poëtes Ibn-Tabben, lbn>ZakbeI et Ibn-Ezra.

Les croisades vinrent inaugurer une ère de persécutions sanglantes contre les Juifs, qui jusque-là avaient eu une situation assez satisfaisante en Espagne, en France, en Allemagne et en Angleterre. Les hordes indisciplinées qui se ruèrent alors sur l’Asie commencèrent à exterminer les Juifs d’Europe, les déicides; peu à peu, moines, prêtres, papes, empereurs, rois et seigneurs s’accoutumèrent à répétercette accusation, pour légitimer toutes les violences, toutes les vexations exercées contre les restes d’Israël. Les Juifs d’Espagne

LES JUIES D’ESPAGNE

oepeudunt restèrent étrangers aux misères de leurs coreligionnaires d’Europe. Sous la domination des Almoravides, princes plus-ambitieux que fanatiques, ils yécurent avec assez de sécurité. Cependant le conquérant Yussuf s’était avisé une fois de vouloir les convertir de force. U fit réunir les chefs de la communauté de Lucena, alors la plus infiuente, et leur adressa la communication suivante : « Selon l’opinion d’un savant théologien, le prophète Mahomet avait accordé aux Juifs un délai de cinq siècles pour attendre le Messie; si le libérateur n’était pas venu au terme fixé, ils seraient tenus d’embrasser l’islamisme. Les J uifs avaient accepté la condition. Or, ce délai ôtant expiré, leurs descendants devaient s’exécuter, sinon il les déclarerait hors la loi. * Le prince cependant se laissa détourner de ce projet par les sages avis de son vizir, appuyés d’une fbrte somme d’argent que lui offrirent les Juifs deLucena *.

i. Conde, £.3 i)Ofmnaeûm, etc., Il, c* 23, p. &Ü8.

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LES JUIFS D’Espagne

Ali J le deuxième prince de la dynastie des AlmoraYides (1 lOÔ-l 143), conda des fonctions aux Juifs et admit aux grands emplois de la cour * plusieurs d’entre eux qui se distin guaient comme Savants ou comme poètes ; entre autres deuX médecins, le premier qui fiit un poète, fort vânté alors, Abou Ayoub Salomo Ibn-Almouallem. Attaché à la personne du prince, il portait le titre de prince et de vizir *. Le second, Aboulbassan- Abraham ben Méir Ibn-Kamnial avait également le titre de vizir ; les poête§ contemporains vantent sa générosité et son ardent amour pour ses coreligionnaires malheureux ou persécutés ; il les protégeait jusqu’en

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