Âbraham Ibn-Daoud
Vers cette époque, il se manifesta aussi en Espagne un mouvement caraïte. Il y avait toujours eu des Garaïtes dans le pays, mais ils n’ont pas dû y faire grande figure, car on ne connaît ni leurs chefs, ni leur constitution, ni le nom des communautés. Vers la fin tlu onzième siècle seulement, ils reçurent une certaine impulsion, grâce à un hompïe, Ibn- Altaras, qui fut disciple d’un maître caraïte, Yeschoua ben Yehouda Aboulfaradj (en arabe Forkan Ibn-Assaadj *).
On sait par les Garaïtes, peu soucieux d’ailleurs de conserver leurs documents historiques, qu’il était un grand docteur, qu’on l’appelait « l’ancien » (ha-zaken, al-schaïkh), et qu’il a habité Jérusalem.
Ibn-Altaras importa en Espagne les principes du caraïsme, auxquels il donna une certaine teinte philosophique. Il chercha même
1. Conf. Hnnk, IVoliee sur Aboulwalûi, p. i et soir.; et Pinsker, Likoulé Kailmonioth, texte o. ÏIO, note X. On y établit que Ibn-Aliaras vécut en 1087.
à gagner des prosélytes parmi les Rebbanites.
Vers 1090-95, Ibn-AJtaras mourut, mais sa femme, qui était fort instruite, continua ses efforts. Elle devint l’oracle des Caraïtes espagnols, fort ignorants encore, et dans les cas douteux on venait consulter la savante (al-Malimab).
L’ardeur de prosélytisme des Caraïtes les fit persécuter par les Rabbanites. Un favori juif d’Alphonse usa de son influence pour les chasser de toutes les villes d’Espagne, sauf une seule où ils devaient demeurer. 11 en serait peut-être venu à des persécutions sanglantes, à ce qu’assure Ibn-Daoud, si depuis la destruction du Temple il n’était interdit de prononcer une sentence de mort * ,
1. L'époque d'Ibn-Allaras e( de cette persécution des Caraïtes se place d'abord après la rédaction du commentaire d'AbouU faradj, c'est-à-dire après 1088. D'un antre côté, Ibn-Daond dit que les Caraïtes s'étaient remis de cette persécution, mais qu'Ibn- F.zra leur en Ht subir une nouvelle en 1148. Ils s'étaient donc
Ces violences cependant n’étaient pas dans le caractère des rabbins espagnols, qui ne s’y fussent sans doute pas prêtés.
relevés sons le règne do U reine Drraca, et avaient, par conséquent, été persécutés d'abord sous Alphonse III, de 1088 à 1109.
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