‹ Les juifs d'Espagne, 945-1205Chapitre 46 sur 115 · Ibn-Daond · texte numérisé non relu

Ibn-Daond

3. Élégies de Moïse Ibn-Ezra sur la mort de son frère dans Dibré Chachamim, p. 82, et Saadia Ibn-Danan dans Chemia Guenouza. Ibu-Ghiat mourut en 1089, ce qui permet de User à peu près la date de la naissance du disciple à 1070.

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le plus fertile de sou temps. La douleur semble avoir éveillé en lui l’inspiration, poétique. Il aimait passionnément la fiUe d’un de ses frères, qui lui rendait son affection ; mais d’un commun accord les trois frères s’opposèrent à leur union, l’on ne sait trop pourquoi. Moïse, irrité contre ses frères *, quitta la maison paternelle, et ceux-ci émigrèrent de leur côté en Portugal et en Castille, vers 1116.

Le temps et l’éloignement n’avaient ni altéré les sentiments, ni guéri les douleurs d’Ibn-Ezra ; il essaya de nouveau de fléchir la famille, mais en vain ; ce fut un autre frère qui épousa la femme aimée et l’emmena à Cordoue. Moïse ne rentra jamais dans sa patrie et paraît ne pas s’être marié. Il n’oublia jamais ce premier amour *.

La muse resta la consolatrice d’Ibn-Ezra ;

1. Kérem Chémed, 1. p. 98. La monumentt de Dakee, M. b. Ezra. p. lOB.

2. id. 93. Geiger, Poéàa hébraiqua arec notes iuiiennes et espagnoles, texte, p. S.

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il chercha à oublier ses douleurs dans l’étude, et la science lui tint lieu de famille ‘ . Il trouva un soutien, un ami, dans Salomon (peut-être Salomon b. Grispin), personnage haut placé dans un des États de l’Espagne catholique, et grand protecteur de tous ses coreligionnaires.

Il y a une grande similitude entre ce poète et Salomon Ibn-Gebirol : tous deux se plaignent amèrement de leurs contemporains ; comme Ibn-Gebirol, Ibn-Ezra est lui-même le principal sujet de ses chants ; leur inspiration ne s’élève point aux grandes questions générales. Moins tendre qu’ Ibn-Gebirol, ü est aussi moins sombre ; son énergie lui permet parfois les accents gais et légers. Néanmoins il demeura inférieur au premier. Uy a chez lui plus de recherche que d’inspiration et d’harmonie. Il aimait beaucoup, à l’exemple des poètes arabes, employer les homonymes (Tedjnis)

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