Conf. Spinoza, TraclaUu iheologko politicus, c
9. Conf. le commencement du commentaire sur le Oeuléronome, et la curieuse apologétique de Joseph 'f ob-Elem Sephardi, dans lé Zophnat Paanéack sur le même livre.
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le Sépher Yesod et une réplique, Sephat Yéter, aux attaques de Dounasch b. Labrat contre Saadia , dont l’œiivre polémique, à demi mutilée, lui était tombée entre les mains en Égypte. Mais il se montra aussi violent qu’injuste et inconséquent dans cette guerre de plume.
Après avoir achevé son commentaire du Pentateuque, en 1 155, Ibn-Ezra quitta l’Italie et se i-endit dans le midi de la France, région qui, par ses relations avec la Catalogne, se rattachait plus à la civilisation juive-espagnole qu’à celle des provinces du nord de l’Italie et de l’Allemagne. La Provence forme dans l’histoire juive la limite entre deux courants intellectuels, l’un dirigé vers les études exclusivement talmudiques, l’autre vers celles des sciences et des lettres. Les Juifs dê la Provence participaient aux deux courants; mais ils étaient restés à l’état d’imitateurs, sans avoir rien créé. Ibn-Ezra apporta dans ce milieu un nouvel élément d’activité. Il s’établit, en pre-
mier lieu, dans la vieille communauté de Béziers (Bedares), qui comptait beaucoup d’hommes instruits parmi ses membres. Savants et talmudistes, entre autres Isaac Yehouda, dit le Prince des Juifs, et Abraham B. Chayïm, firent un brillant accueil au célèbre voyageur-écrivain. 11 dédia à ces deux derniers un livre de mathématiques cabalistiques sur le nom de Dieu, livre plein de combinaisons piquantes, de lettres, de chiffres, représentant les attributs mystérieux de la Divinité. Cet essai donna une grande vogue à la Kabbale des nombres et servit à entretenir des croyances erronées qui causèrent beaucoup de mal.
Ibn-Ezra n’était pas depuis un an à Béziers quand il partit pour Rodez, où il demeura environ deux ans. Il y commenta Daniel, les Psaumes et les douze petits prophètes. Sa renommée s’étendit de plus en plus. R. JacoÉ Tarn, de la ville de Rameru en Champagne, la plus grande autorité talmudique du
temps, lui rendit hommage dans un petit potîme des plus flatteurs.
Ibn-Ezra, toujours passionné pour les vojages, se rendit à Londres à l’âge de soixantedeux ans ; il y trouva un protecteur qui l’entoura des soins les plus prévenants. Toujours actif, il composa son Yesod mora, livre de philosophie religieuse. Ce travail n’est pas plus méthodique que ses œuvres antérieures, et il est impossible d’y trouver un ordre régulier quelconque. Ibn-Ezra, en général, a aussi peu fait pour la philosophie religieuse que pour la philosophie proprement dite.
Nous avons dit qu’il suivait le système des néo-platoniciens, résumé dans ces quelques points : Dieu est une substance unique ; il n’est pas en rapport direct avec le monde, sur lequel il n’agit que par l’intermédiaire d’un esprit originel ; la providence divine s’arrête à l’espèce et ne descend pas à l’individu ; l’âme procède de l’esprit originel, le corps est une prison qu’elle aspire à quitter pour remonter
vers sa patrie céleste. Telles sont les vérités quTbn-Ezra répandait dans ses écrits ; il les exprimait sous une forme tantôt claire, tantôt mj'stique, souvent au moyen de combinaisons de nombres ; maisil n’a jamais coordonné ses opinions sur la matière dans un ensemble quelconque. On voit qu’Ibn-Ezra ne pouvait guère accepter les miracles de la Bible dans leur sens littéral. Aussi les expliqua-t-il d’une façon rationnelle, seulement il le fit en termes obscurs, timides et énigmatiques.
A Londres, il écrivit encore une apologie du samedi, dirigée contre ceux qui voulaient faire commencer le repos sabbatique non la veille au coucher du soleil, mais le lendemain au matin ; cette opinion avait été émise par un petit-fils de Raschi, le pieux Samuel b.
Méir, frère aîné du R. Jacob Tarn dont nous avons précédemment parlé. Cette défense, à la fois biblique et astronomique, porte le nom i'Êpîtrc sabbatique.
Entouré d’amis dévoués et de disciples
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assidus, Ibn-Ezra u’en quitta pas moins Londres après un court séjour.
Vers la fin de 1160, nous le retrouvons à Narbonne, et plus tard (1165 ou 1166) à Rodez. Là, dans un âge très-avancé, il refondit totalement son commentaire sur le Pentateuque, qu’il condensa d’une façon très-heureuse ; enfin, sur le désir d’un de ses élèves, il écrivit un dernier ouvrage, le Safah Berourah, traité de grammaire hébraïque.
Ibn-Ezra conserva jusqu’à la fin la vivacité primesautière de son esprit. Ses dernières œuvres sont empreintes du même caractère de rectitude et de force juvénile qui fait le charme des autres. Outre les travaux si nombreux que nous avons cités, il laissa encore plusieurs écrits sur des questions d’astronomie et de mathématiques. 11 paraît que, vers la fin de sa vie, il ressentit vivement le désir de revoir sa patrie et qu’il entreprit en effet le voyage d’Espagne. Mais U mourut sur les frontières, à Calahorra, entre la Navarre et
l’Aragon, le 23 janvier 1107 (lundi 1" adar). Son dernier mot, dit- on, fut une piquante allusion relative à la date de sa mort, et tirée d’un verset biblique.
11 laissa beaucoup de disciples et un fils fort instruit, qui ne lui fit néanmoins pas grand honneur : il se convertit à l’isla-
nnsrne.