‹ Les juifs d'Espagne, 945-1205Chapitre 76 sur 115 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

iI:poqce de HÀÏMO^(lnE

Les Juifs d’Espagne : Tolède; Joseph Ibn-Sclioschan ; Abraham Ibn-Alfacbar; le poêle Cliarisi ; Scheschel Benvenisli; le |ioëte Abraham b. Cliasdal ; lu voy ageur Ueiijamin de Tudèle ; Abraham b. Isaac cl les Kimdii ; les communaulés de Béziers, Montpellier cl Lunel. Meschouilam b. Jacob cl ses ûls, Juuatbao Kohen el les Tibbonides. La communauté de Posquières et Abraham b. David. Le comte Raymond de Saint-Gilles et Toulouse, protecteur des Juifs, et Lsaac b. Abba-.Mari. La communauté de Marseille.

Nous sommes arrivés presque au seuil de cette époque néfaste où le fanatisme religieux se déchaîna contre les Juifs avec une barbarie et une persistance inouïes, inventant chaque jour une nouvelle humiliation, de nouvelles persécutions et de nouveaux crimes qu’il imputait à ses victimes pour mieux achever leur destruction.

Cette persécution impitoyable commença

LES J UIFS D’ESPAGNE

SOUS le ix>ntificat d’Innoceat 111 et arriva à ses plus effroyables excès pendant le règne de Ferdinand le Catholique, roi d’Espagne. A l’époque à laquelle nous touchons, c’est-à-dire vers la dernière moitié du xii' siècle, les Juifs, quoique soumis à toutes sortes de restrictions, avaient çà et là œuservé quelques droits et quelque influence. Ils n’étaient pas encore les parias méprisés et repoussés de partout. Si dans l’Allemagne et dans quelques pays du Nord ils étaient déjà la nation maudite, réduite à l’état de serfs (servi cameræ), en Espagne ils restaient hommes, citoyens, fonctionnaires et soldats. Leur situation était fort tolérable en Provence et dans tout le midi de la France (Languedoc), ces pays étant en relations politiques assez étroites avec la Péninsule.

L’Europe, ou mieux l’Espagne, en ce moment, était réellement le centre du monde intellectuel juif; les Juifs d’Asie étaient plus nombreux, mais moins cultivés ; en Afrique

et dans tous les pays musulmans, y compris l’Andalousie, le progrès semblait arrêté ; on suivait la voie religieuse ouverte, mais sans ardeur, sans esprit de recherche. Toute l’activité sociale et spirituelle du judaïsme était concentrée parmi les commimautés des cinq royaumes de Castille, Léon, i\ragon , Portug;d et Navarre. Là les Juifs, en pleine conscience d’eux-mêmes, cherchaient à résoudre le grand problème de leur destinée au milieu des peuples, et des devoirs de chacun d’entre eux au sein de la "communauté. Tolède, comme siège de la science juive, avait remplacé Cordoue, Séville et les autres villes jadis si renommées de l’Espagne mahométane. Cette communauté comptait alors 12,000 habitants ’, ainsi que de nombreuses et magnifiques synagogues *.

Sous Alphonse VIII, dit le Noble (1160- 1214), les Juifs arrivèrent aux plus hautes .

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