I. Nithan Ihn-Yarc'ii, rilé par Zakii'n
i. Charizi, Tachkemoni, Furie 40.
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charg-es de l’État. Joseph b. Salomo Ibn- Schoschan (en arabe Alchayid Ibn-Omar) était fort considéré à la cour. 11 favorisa les études talmudiques et fit construire une nouvelle synagogue à Tolède. 11 laissa un fils, Salomon, qui fut son égal en talent et en vertu .
Un homme fort en faveur à la même cour fut Abraham Ibn-Alfachar {Hayozer), à la fois poète et prosateur très-distingué.
Tous deux encourageaient puissamment les études talmudiques, qu’ils cultivaient eux-mêmes ; néanmoins ces études n’atteignirent pas, à Tolède, le développement que leur avaient donné Alfassi, ses continu iteurs et l’école de Raschi. La communauté de cette ville dut, pendant des siècles, choisir ses rabbins à l’étranger, où l’on avait plus de goût pour la science, la philosophie et les travaux critiques. Les Juifs de Tolède étaient les plus éclairés de l’Espagne ; la foi
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sut
chez eux était moins absolue que chez leurs frères *.
Vers cette époque vivait à Tolède le jeune poète Yehoudab. Salomon Alcliarizi*, le dernier représentant de la poésie néo-hébraïque en Espagne, dont Dounasch b. Labrat marqua l’aurore , Ibn-Gebirol et Yehouda Halévi l’apogée et lui-même le déclin. Plein d’esprit comme Ibn-Ezra, riche d’imagination comme les meilleurs chantres de la belle époque, Alcharizi écrivait avec une facilité incomparable : on pourrait l’appeler l’Ovide de la poésie néo-hébraïque ; il y a en lui quelque chose de la légèreté et de la licence du poète latin. Quant ù son caractère et à sa vie, tous deux rappellent Ibu-Ezra. Gomme lui,
1. Un moins d’apriis Méir Ha'.cvi Abonlafîa dans son cpilre à Naciimani, dans la colloclion épistolaire de Maimonide.
2. Né vers M70, mon vers 1230. Cette date peut être fixée approximativeiücni. En elTet, il traduisit le commentaire de Maimonide sur la .Mischna. du vivantdel’autenr.auquel il adres a des vers. Il était donc déjà dans la force de l'âge vers la fin dn XII* siècle. En outre il parle de Joseph b. Aknin à Alep, comme d'un homme vivant, et il mourut avant la lutte des amis et des adversaires de Maimonide; la date de sa mort tombe donc nécessairement entre 1226 et 1232.
Alcharizi se plaint des rigueurs du sort; comme lui, pauvre, sans repos, il erra longtemps de par le monde, traversant la France, l’Égypte, la Syrie, jusqu’à la Perse, trouvant partout matière à écrire de beaux vers, abordant alternativement les sujets les plus graves et les plus frivoles. Ainsi il chante avec une égale verve la gloire et le deuil de Sion et les plaisirs (in vin, la lutte entre les Rabbanites et les Caraïtes et les désagréments dus aux insectes nuisibles.
Charizi manquait d’inspiration, sauf pour la langue sainte, à laquelle ses coreligionnaires préféraient l’arabe. 11 entreprit de prouver que l’hébreu ne le cédait à celui-ci ni en richesse, ni en harmonie. A cet effet il commença la traduction du roman d’aventures du poète arabe Hariri; mais il 'abandonna bientôt ce travail pour écrire un roman original, sur le modèle de ceux du môme écrivain et d’Ibn-Sakbel. Sous le pseudonyme de Héman J' Ezrahitr, l’autour entame des dialogues
variés, piquants et pleins de verve avec un interlocuteur, espèce d’aventurier qu’il nomme Héber ; c’est une sorte de roman dramatique, intitulé Tachkemoni, Le tout est entremêlé de critiques fort sévères des poètes passés et contemporains ; Charizi y fait preuve de beaucoup de goût et de savoir en fait de poésie. Ses vers, pleins d’esprit, manquent néanmoins de grâce, d’aisance, et sont de beaucoup inférieurs à sa prose. L’auteur y cherche moins à plaire par la beauté de l’expression qu’à amuser le lecteur par la finesse des allusions et le charme des surprises. Tout en saisissant parfaitement le caractère de la grande poésie, il fut incapable de le reproduire.
Charizi avait aussi étudié le Talmud et la philosophie, mais il brilla surtout par sa facilité comme poète. Néanmoins il est aisé de reconnaître déjà chez lui les signes de la décadence prochaine de la poésie néo-hébraïque.
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C’est vers cette époque ' (1 180) que se place la fin de l’historien philosophe Ibn-Daoud.
Le digne vieillard fut tué au milieu d’une émeute contre les Juifs, sur laquelle on n’a pas de détails bien précis, mais qui parait n’avoir été qu’un fait isolé. Peut-être faut-il rattacher cet événement malheureux à l’épisode si connu de la juive Rachel, favorite du roi Alphonse, pour qui ce prince délaissait la reine. Les relations entre le roi et la Juive, surnommée Formosa à cause de sa beauté, durèrent pendant dix-sept ans. Un jour de fête, des conjurés, sans doute excités par la reine, assassinèrent la belle Juive en présence du roi même une attaque contre les Juifs peut avoir suivi ce meurtre, et c’est alors probablement qu’Ibn-
i. Zakuto. Ceque raconte Ibn-Verga dans le ScAébel Yehouda, n. 5, se rapporte à Joseph. Ibn-Nagrela et non à Ibn-Daoud, suivant la leçon de l'édition d'Amsterdam.
î. Depping, Romancero caelillanoi, n. 266 et antres. Des historiens postérieurs révoquent ce fait en doute. Conf. Aschbach, Bitloire d'Espagne tous les Almoravides et les Almohadet,U, p. 332. M. Hilaire, HUtoire d’Espagne, V, p. 181, 257.
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Daoud fut massacré avec d’autres victimes.
Les Juifs de Tolède secondèrent vaillamment le roi Alphonse dans la lutte qu’il eut à soutenir contre les Almohades, commandés par Jacob Almansour. Ils lui fournissaient des suhiiides et combattaient dans les rangs de l’armée. Après la perte de la bataille d’Alarcos (1195), ils cx)ntribuèrent à la belle défense de la capitale, où Alphonse s’était réfugié avec les débris de son armée. L’ennemi fut obligé de se retirer. Les Juifs, aussi bien que les catholiques, ne voyaient qu’avec terreur les fanatiques .\liu(jhades menacer sans cesse le pays. Le roi de Castille s’allia au roi d’Aragon, pour mieux résister au conquérant. Mais le passage des forces alliées à travers le royaume de Léon fut fatal aux .Juifs de ce pays. C’est, pendant cette campagne, où les soldats commirent maint excès, que fut anéanti (le 9 du mois d’ab 1 197) le plus ancien exemplaire de la Bible existant en Espagne, connu sous le nom de Hilleli, et qui avait
servi jusque-là de modèle aux copistes. On en faisait remonter l’origine au vi' siècle ' .
Les Juifs du royaume d’Aragon et de Catalogne vivaient dans des conditions assez heureuses et pouvaient librement travailler à leur développement. AlphonseII(l 162-1 196), grand amateur de la poésie provençale, protégeait les littérateurs etles penseurs, parmi lesquels on comptait beaucoup de Juifs. Saragosse était la capitale de l’État, et renfermait de temps immémorial une colonie juive ; mais le véritable centre du pays était Barcelone, qui devait cet avantage à sa situation heureuse sur la mer et à son grand mouvement commercial. Gharizi l’appelle « la communauté des princes » et en fait un grand éloge ’. A la tête de la communauté se trouvait alors Scheschet Renvenista , homme fort instruit , à la fois
1. Zakutu, Filipowski, p. 221, plus exacte que l’ddition d'Amsterdam, 99 b. Dans toutes deux la date de ’l^pHn doit être U; • la dia-astalion du pays par deux rois ■ (Zakuto) n'eut lieu qn'eii 1197. Conf. Scbniidt, Uittoin à^Aragon au moyen âge, p. 192 et suiv.