Coi.f. K erem Chtmed, V, p
i. Mon en H70.
3. Ibii-rihhon, introductiCD ao CAobu(/Mi-Lc&abo(ft deBachya.
LKS JIMKS D’ KSJ'AiiNK 315
et fut pour eux ce qu’avail été Ghasdaï b. Schaprout pour ses coreligionnaires d’Espagne. Son gendre et ses cinq fils, tous fort instruits, mais divisés d’opinions, suivirent deux courants d’idées différents, qui devaient bientôt entrer en lutte ouverte. L’un d’eux, Aaron, quoique fort talmudiste, avait une grande prédilection pour un judaïsme philosophique; Jacob et Ascher, au contraire, craignaient l’autorité de la raison. Tous deux, quoique riches, menaient une vie trèsascétique ; le second, dans un travail homüétique sur le Décalogue, fft revivre le vieux mysticisme à demi oublié *.
Néanmoins, les tendances scientifiques prédominaient à Lunel. Elles étaient personnifiées par deux hommes remarquables, Jonathan de Lunel et le père des Tibbonides.
Le premier, autorité talmudique reconnue,
I. Conf. Azulaï sub voce, n. 2.37 et suiv., et les remarques de fen-Jacob, ainsi queReifm iiin, Biographie de Zerachiit (lerondi, |i. 48. note 18.
SI» LKS JUIFS D'F.SPAfiNE
et qui écrivit un commeutaire sur les travaux d’Alfassi, n’en fut pas moins un défenseur sincère des droits de la science. Le second, Yehouda b. Saül Ibn-Tibbon *, réfugié espagnol, était venu à Lunel, où il devint bientôt célèbre comme médecin. Versé dans l’arabe comme dans l’hébreu, savant jusqu’au pédantisme, exact jusqu’à la minutie, cet homme était né traducteur.
Sur les instigations de MeschuUam, il traduisit successivement de l’arabe en hébreu:
les Devoirs des Coeurs, de Bachya ; le Traité de morale et le Collier de Perles, d’Ibn-Gebirol ; la Philosophie religieuse, de Yehouda Halévi ; le Traité grammatical et lexicologique d’Ibn- Djanach , et la Philosophie religieuse de Saadia.
Traducteur fidèle mais lourd, il violente souvent la langue hébraïque pour suivre trop servilement l’original arabe ; il s’excuse en in-