Né vers 1120, mon vers
voquant la pauvreté d’une langue ‘ qui avait offert tant de ressources aux Yehouda Halévi, aux Ibn-Ezra. Ses autres travaux, son traité du style hébreu (Sod Tsachot ha-Laschon), aujourd’hui perdu, etc., ne méritent guère d’étre mentionnés.
Les Tibbonides de Lunel n’ont de valeur que comme traducteurs, de même que les Kimchi de Narbonne marquent seulement à titre de giammairiens.
Le fils de Yehouda, Samuel, le deuxième Tiubonide, fut un homme d’un caractère fort aventureux ; il surpassa son père comme traducteur et comme philosophe j outre les œuvres d’écrivains juifs, ü traduisit en hébreu plusieurs ouvrages d’Aristote et d’Alfarabi, écrivit un commentaire philosophique sur l’Ecdésiaste (Kohelet), et un traité sur une question de physique dans la Genèse.
U y avait aussi, non loin de Lunel, une pe-
1. V. Ibn-Tibbon./nlnxluelion aux Cbobot ha-L«baboth et au Rikmah de Ujanach.
fite communanté de quarante membres à Posquières; c’est là que naquit, vers 1125, un des plus remarquables talmudistes connus, ^Vbrahain b. David * (Rabed II) ; il fut, avec Zeracbia Halévi, au premier rang après la mort de R. Tarn. Son école était suivie par de nombreux disciples qu’il soutenait généreusement. car il possédait une grande fortune.
Jeune encore, il écrivit des travaux talmudiques importants, un commentaire sur la Miscbiia, etc. Apre et sans ménagement, il malmena dans sa polémique, surtout Zerachya de Girone, qu’il traita de plagiaire en défendant Alfassi contre lui. Il dédaignait tout savoir en dehors du Talmud, et il posa les premières bases d’un mysticisme qui, en se développant, devint la Kalibale, doctrine dangereuse et pnopre à égarer les- esprits. Vers 1172, Abraham b. Da\ûd fut persécuté par le seigneur du lieu, nommé Elzéar il fut
I. Mort vers 1198. Zunz, dans le /oiirnol de Geiger, 11, 309; Carmoly, la France itraélUe.
î. Charizi, TaeKkemoni, Perle 40.
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même jeté en prison et n’en sortit, paraît-il, que par l’intervention de Roger, vicomte de Béziers et de Carcassonne. A la suite de ces faits. Abraham quitta Posquières et s’établit à Nîmes ou à Carcassonne.
Bourg de Saint-Gilles, deuxième capitale de Raymond V, comte de Toulouse, avait une communauté de cent membres.
Comme dans tous les domaines dè ce seigneur, les Juifs y étaient très-heureux; on les admettait aux em])lois publics. L’un d’eux, Abba Mari, était bailli général; il eut un fils très-savant nommé Isaac, probablement élève de R. Tarn. Grand talmudiste, comme ce maître, ü écrivit à dix-sept ans un compendium sur certaines lois rituelles ; plus tard, à Barcelone, il fit un commentaire sur un chapitre des plus difficiles du Talmud. Il réunit ses recherches sur ce recueil dans un ouvrage intitulé : Ittour Sopherim, et consacré au droit civil rabbinique et aux lois rituelles.
Raymond VI. fils et successeur de Ray-
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mond V, se montra encore plus favorable aux Juifs que son père. Sa tolérance envers ceux-ci et envers les hérétiques lui attira les foudres du pape Innocent III et la haine du clergé.
Raymond résista à ce déchaînement de passions religieuses; mais il fut vaincu dans la lutte qu’il soutint, et forcé de promettre, par un serment solennel, de révoquer tous les tonctionnaires pris parmi les Juifs, et on général de ne plus favoriser ces dernif'rs.
Une autre communauté assez considérable se trouvait à Beaucaire (Belcaire), dans le comté de Toulouse ; son chef était Kalonymos « le prince. »
Marseille, qui était alors ville libre, renfermait trois cents familles juives, groupées eu deux fractions : la communauté inférieure établie près du port, dont les membres se livraient à la navigation, ou tout au moins au commerce maritime, et dont le chef était un homme important, Jacob Perpignano; puis la communauté
supérieure, avec une école talmudique dirigée par Simon b. Anatolio. Gomme leurs frères du comté de Toulouse, les Juifs de cette ville étaient admis à un certain nombre do fonctions publiques, qu’ils exerçaient avec honneur au milieu de leurs concitoyens chrétiens.