POLITIQUE DES MAROIIANDS. SOS
Syrie pèsent- elles dans la balance générale du comrnerce? Très-peu de chose certainement. — Eh bien ! alors, que voulez-'vous que nous perdions notre temps à nous occuper des misères de ces populations , qui ne vendent et n achètent rien, pendant qu’il y a de si beaux coups à faire sur les variations des cours à la Bourse de Paris ?
— Un moment, messieurs, cette question d’Orient est une question d’ordre politique supérieure, une question dans laquelle se trouvent engagés les intérêts de l’influence française, de l’humanité , de la religion catholique. — A d’autres , avec vos intérêts humanitaires et catholiques; nous ne sommes plus au temps de Pierre l’Ermite pour nous enrôler dans une nouvelle croisade. Priez, si vous voulez, M. de Lamartine de vous écrire une Médüation là-dessus... »
Et l’Angleterre a poursuivi le cours de ses triomphes et consommé la ruine de la puissance égyptienne , grâce à la complicité de l’inertie du gouvernement français.
Mais attendons ; ce qui a été une honte pour la France , ce qui eût été une défaite pour tout autre gouvernement qu’un gouvernement d’agioteurs, a été pour la faction d’argent une victoire , et la plus inespérée de toutes les victoires. Ah! ces banquiers avaient raison de prendre si peu souci des intérêts et de la diii^nité de la France dans cette question de Syrie ou d’Égypte : ce n’est pas là que le bât les blessait, ,1c
vous dis que ce sont des juifs.
Il est une pensée, pensée immuable, un rêve favori que leur imagination caresse depuis quinze ans, le projet de fortifier Paris. Ils ont là leurs trésors, leurs
DE LA Féodalité elnancière.
coiiipïoirs que rioji ne protège contre les dangers toujours présents de la révolution ou de l'émeute , au sein d’une population inflammable. Leur sécurité ne sera pleine et entière que lorsqu’une ceinture de bastilles garantira leur puissance et leurs cpfTres-forts contre toute nouvelle tentative révolutionnaire. Oh! s il y avait moyen de profiter de ces menaces dont la question d’Orient vient d’assombrir l’atmosphère politique, pour mettre à exécution le projet sauveur ! S’il y avait moyen de détourner l’opinion du pays de la question d’Orient, de transporter le danger des rives du golfe Arabique aux bords du Rhin, de faire accroire à ce peuple crédule et bouillant que ses ennemis sont en Allemagne et non en Angleterre! — Et vite, les Tvrtées des Débats , chantez \b. Mai^seillaise ! M. Thiers , évoquez les souvenirs de l’Empire, et chauffez par vos journaux, le patriotisme du peuple j faites revenir de Sainte-Hélène les restes de l’Empereur, et qu’à la faveur de la surprise générale de l’opinion, le gouvernement emporte ses bastilles...
Les Tyrtées des Débats ont chanté la Marseillaise ^ M. Thiers a chauffé le patriotisme du peuple, et le tour a été fait.
Nous sommes bien venus, vraiment, à parler, le front bas, des fanfaronnades de M. Thiers et de la perte de l’influence française en Syrie ou en Égypte, à des gens qui ne sont pas Français, et qui n ont pas leurs comptoirs en Syrie ou en Égypte , et qui ont gagné à ce simulacre de bouderie et à ces fanfaronnades, une enceinte de bastilles pour la ville des émeutes. Certes, lapartie a été bien jouée, et M. Thiers, s’il n’a pas été trompé le premier, est un cornpèie
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habile. Mais aujourd’hui que le tour est fait,. que la France a demandé pardon aux puissances de ce qu'elles Savaient chassée de leurs congres y aujourd’hui qu’il n’y a plus pour les mystifiés que l’excuse de leur bonne foi et de leur innocence, combien ceux qui, comme fauteur de cet écrit, n’ont pas été dupes de la mystification , et qui ont combattu avec énergie le désastreux projet, combien ceux-là n’ont-ils pas le droit de se féliciter de leur perspicacité ! Il y a eu encore une autre considération non moins importante pour les banquiers qui ont voté les fortifications de Paris : c’était d’entraîner le trésor dans de folles dépenses, pour le forcer plus tard de crier misère, et le réduire à l’impossibilité de tenter aucune grande entreprise d’utilité publique. Et, en effet, le gouvernement a été heureux dans ces dernières années de pouvoir arguer de la pénurie du trésor, pour abandonner aux hauts barons de la banque toutes les lignes de chemins de fer que réclamait leur rapacité insatiable.
Et voilà les ressorts secrets de la politique extérieure du gouvernement d’aujourd’hui ! Parlez donc de marcher à la conquête d’un système d’alliance continentale pacifique avec de pareils éléments ! Parlez donc d’alliance naturelle avec f Allemagne à des gens qui ont tourné contre l’Allemagne en même temps que contre la nation française , le front des fortifications de Paris î
Et pourquoi ces banquiers prendraient-ils si fort à cœur les intérêts de la France? les trois quarts d’entre eux ne sont pas même Français; car c’est là, remarqiions-le bien, un caractère de la féodalité financière
DE LA FÉODALITÉ FINANCIÈRE
d'entraîner fatalement les nations qu'elle régit hors des voies de la nationalité,
. Paris n’est qu’un des comptoirs, qu’un des sièges principaux de la féodalité financière. La véritable patrie des financiers, c’est Genève.