Expulsion des Israélites étrangers
Riches et pauvres. — Scène à Odessa. — Annexion de la Bessarabie.
Être à la fois juîf et étranger, c'en est trop sans doute pour pouvoir invoquer auprès du gouvernement russe les principes du droit et de l'humanité. Aussi les israélites étrangers sont-ils traités en Russie avec une rigueur particulière. Comme toujours, il y a des exceptions en faveur des plus riches : les Juifs étrangers a connus, dit la loi russe, par leur haute position sociale et par l'importance de leurs transactions commerciales, sont autorisés à trafiquer avec l'intérieur de l'Empire et à y fonder des maisons de banque » (^). Mais pour ceux qui travaillent et qui peinent, à qui la législation devrait surtout se montrer clémente, l'interdiction est formelle : a Les juifs étrangers ne sont pas autorisés à immigrer en Russie, ni à devenir sujets russes (^) ». Le texte de cette loi ne suffît pas pour en révéler toute la cruauté : il faut en connaître l'application.
11 y avait en Russie environ 150,000 juifs étrangers : roumains, turcs et austro-hongrois (galiciens). Beaucoup étaient nés en Russie et n'avaient qu'un passeport étranger. Ils étaient surtout nombreux à Odessa, à Kherson et dans d'autres villes du littoral. A partir de 1878, on commença à les éloigner, mais avec
(i^ Recueil des Lois, vol, IX, § lOOl, note l, 1887. ^^ " il nouvelle de îT î novembre 1892.
y*i j^ecuetù aes i^ois, voi. i-A., j, -^w., ..^^^ ., -.^^. (2) Ibid,^ § 991. — Cf. Loi nouvelle de 189a sur les étrangers, Novorosstski Telegraph, 5/17 ; ' "