DEUX SYMPTÔMES
passé deux faits significatifs. D'abord, on a accordé, pour la première fois, aux Israélites la permission de s'engager chez les paysans afin de les aider dans la rentrée de leurs récoltes; et cette autorisation, dont ils ont profité avidement, aeu aussitôt, comme nousle verrons plus loin, les meilleurs résultats. En second lieu, les juifs de Vilna ayant été éprouvés par une terrible inondation, le grand-duc Serge leur envoya une somme de mille roubles. Quand on se rappelle le rôle attribué au grand-duc dans la tragédie encore récente de Moscou, on se prend à espérer que l'aurore de jours meilleurs n*est pas loin de nous. Si ces pages pouvaient avoir pour effet de l'avancer d'une heure, nous ne croirions pas avoir perdu notre peine.
Mais il nous faut continuer le triste exposé de la situation que les lois de mai, les ordonnances de ces dernières années et les excès de la police ont faite aux parias Israélites de l'Empire des tsars : les mesures locales de clémence, les allégements momentanés ne modifient guère cette situation, alors que la menace reste suspendue sur le lendemain.