‹ Les Juifs russes: Extermination or émancipation?Chapitre 58 sur 125 · BG DÉTOURNEMENTS DE TAXES · texte numérisé non relu

BG DÉTOURNEMENTS DE TAXES

de l'école industrielle de Ro^no : pas un seul èlète

isracllte n'y a été admis. Les Jeunes gens Juifs sont aussi exclus de rêcoic polytechnique de Kiev, qui a été fondée presque exclusivement par leurs corelierîonnaîres en souvenir du tsar Alexandre II, et qui, malgré tout, est encore entretenue en grande partie par les souscriptions des israclites.

Des écoles normales d'instituteurs Juifs avaient été autrefois établies a Jitomîr et à Vilna. On îes a suppriméizs, et le bâtiment de Jitomir, élevé aux frais des Juifs, a été pris par le gouvernement et affecté au tribunal de justice criminelle.

Cet exemple est loin d être isolé.Les juifs sont, comme nous le verrons tout à Theure, frappés de certains impôts spéciaux. L'un de ceux-ci, dit impôi des bougîGs (^), est, en vertu d'un texte de loi formel {^}, destiné a la construction d'écoles Juives. Mais le gouvernement ne rend aucun compte des sommes perçues. Un autre, V impôt du tronc, devait aussi servir à des institutions de bienfaisance en faveur des Israélites. Un jour, le gouverneur de Kichinev a emprunta w too,ooo roubles sur cette taxe pour se construire une résidence officielle. En 1892, on augmenta la police d^Odessa de 66 gardiens et de 8 inspecteurs; la dèpeni^e, montant à 19,312 roubles par an, fut, par décision du Comité des ministres, prélevée sur le produit de T impôt du tronc payé par les Israélites d'Odessa (^). ABalta, la Commu-

Î^) Voyez plus lom, p. 90, ^\ Loi sur les imùôts^ vol. V, T857.

{ij Odesski Ltstokt 12/24 m^ 1892,

HÔPITAUX ô?

nauté demanda une partie du solde disponible de cette taxe, afin de reconstruire son orphelinat et d'améliorer 1 ordinaire des malades à Thàpital juif. Les aut<jntês n'y consentirent point; en revanche, 49,000 roubles furent illégalement prélevés sur ce fonds et donnés au Conseil municipal pour le pavage de la place de la Cathédrale et des rues a voisinantes ('),

On est allé en Russie jusqu'à refuser de recevoir des malades dans les hôpitaux, uniquement parce qu'ils étaient juifs. Tant d'inutile cruauté paraît incroyable. Aussi faut-il rapporter textuellement un témoignage qui ne laisse, hétas ! aucune place au doute : tt Environ deux mois avant notre visite, écrivent les commissaires -du gouvernement américain (^), le maire de Moscou, Aîexciev, avait adressé une circulaire à tous les hôpitaux placés sous la juridiction des autorites municipales, ordonnant qu^aucun juif n'y fût admis en traitement, qu'il eût le droit de séjour à Moscou ou non.

M""" ayant conduit dans Tun de ces hc'ipitaux, où Von

traite les maladies des yeux et des oreilles, un vieillard qui avait perdu un œil et dont l'autre était menacé de cataracte, on le refusa parce qu'il était juîf* Plus tard, nous vîmes le vieillard dans un faubourg, où il vivait secrètement, et il nous confirma ce récit. Son état était des plus tristes, car la paralysie était Tenue s'ajouter à ses autres maux,

j> Dans un autre hôpital, où l'on pratiquait la méthode

(0 Odesskî Lîstokf24 septembre/Ô octobre 1893, [^l Webrr et Ke,mpstfjî, Rapport^ p. 18; nous traduisons directement sur le texte oMciel anglais, p. 41.

$i LA CONVENTION DE GENÈVE

Pf^steur pour le traitement de la rage (c'est le seul établissement de ce genre en Russie), on amena un juif qui avait été mordu par un chien enragé. Les autorités médicales, conformément à la circulaire ci-dessus, durent refuser de le recevoir; mais elles lui remirent un certificat signé par le médecin en chef, que nous vimes et qui nous attesta le fait. Ce certificat porte que le malade avait été examiné, qu'il avait les symptômes de la rage et que la seule chance de guérison eût été de le traiter dans cet établissement par la méthode Pasteur. Malgré cela, l'entrée lui fut refusée et il fut emporté sur un brancard.

ï> Tous les membres de la corporation des artisans duivcnt payer une taxe pour les hôpitaux, afin de pouvoir s'y faire soigner; cela n'a pas empoché de promul- ^{KLV la circulaire qui en interdisait l'entrée aux juifs. \'oici la copie d'un reçu de cette taxe, prouvant qu'elle avait été perçue jusqu'au 29 novembre 1891, alors que là circulaire qui défendait d'admettre dans les hôpitaux ceux qui la payaient avait été lancée au mois de juin précédent :

» Reçu par l'administration de la ville de Moscou le paiement de I rouble 25 kopeks, en faveur des hôpitaux pour les ouvriers venant du gouvernement de Mohilev. Ville de Homel; nom : Rachel-Léa, fille d'Isaac Sakoshauskay. Taxe des hôpitaux jusqu'au 29 no- VL-mbre 1891.

* Sceau, etc. >

[.a convention de Genève prescrit, on le sait, de donner à tous les malades et blessés sans distinction, les

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