‹ Les Juifs russes: Extermination or émancipation?Chapitre 80 sur 125 · PROCÉDÉS COMMERCIAUX · texte numérisé non relu

PROCÉDÉS COMMERCIAUX

exception : elle a des juifs meilleurs qu'elle ne les a mérités.

La terreur et la misère sont mauvaises conseillères, et Ton ne peut pas trop en vouloir aux gens qu'on refoule arbitrairement, qu'on tracasse sans pitié, qui étouffent sous les mesures oppressives, de chercher à y échapper par toutes les fissures de la loi. La ruse est leur seule arme. Gomme c'est leur vie même et l'existence de leurs enfants qui sont en jeu, il ne faut pas s'étonner, vraiment, qu'ils recourent à tous les moyens pour ne pas mourir de faim tout de suite. Et s'ils vont jusqu'à corrompre quelques fonctionnaires, qui ne sont pas incorruptibles, seule la morale absolue les en blâmera.

Pour que le juif soit en règle avec la loi, il ne lui suffît pas, comme à tout autre Russe, de s'abstenir de ce qui est défendu : non, tout lui est interdit de ce qui ne lui est pas permis expressément (*). Dans ces conditions, l'opération commerciale la plus honnête, l'acte le plus licite en lui-même, pourra lui être imputé à fraude.

Le commerçant juif est pressuré d'impôts spéciaux, sans parler des nombreuses licences qu'il est obligé d'acheter pour les divers articles de son petit négoce de détail. On l'a constaté justement : devenu ainsi une source de grands revenus pour l'Etat, il faut qu'il se rattrape sur le prix ou sur la qualité des marchandises qu'il fournit, et il se trouve chargé, en quelque sorte, de la fonction peu enviable de percepteur des contribu-

(0 Demtooff, Op. cit., trad. fr., pp. 38, 53.

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